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Des pèlerins pas comme les autres

5 mars 2005, 20:00

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Au siège de la Dolphins Wheelchair Sports Association (DWSA) à Mahébourg, six handicapés se préparent à vivre une belle aventure. Dans leur fauteuil roulant, tout de blanc vêtus, ils se joindront aujourd?hui à la foule de pèlerins qui convergent vers Grand-Bassin.

« Notre but est de rendre hommage au pouvoir créateur du dieu Shiva », confie Jean-Claude, un des membres de l?association. « Et puis en cette année où auront lieu les élections générales, nous voulons dire à la population comme il est beau de vivre dans la paix et la tolérance? »

Quel plus bel exemple que celui de la DWSA ? Les six membres du groupe sont effectivement de confessions religieuses différentes. Et l?on comprend mieux que ce projet ait été accueilli avec joie. C?est ce qui rend heureux le président de l?association, Gunesh Bhunjun. « Notre message est un témoignage de paix. À Maurice, nous devons nous considérer chanceux de vivre en harmonie », affirme-t-il.

Jacqueline Khadun, 60 ans, souffre de la polio depuis sa tendre enfance. Elle souhaite que la démarche de ses compagnons contribue à rendre la société meilleure. « Je voulais le faire depuis que je suis enfant. Cela me fait plaisir de pouvoir y participer aujourd?hui. »

Pour Nicol St-Mart, 52 ans, ce pèlerinage revêt un caractère mystique : « Ce sera comme une découverte. » Amputé des deux jambes il y a trois ans, il se dit pourtant en pleine forme. « Nous prendrons notre temps et je suis sûr que si nous nous heurtons à quelque difficulté, les marcheurs ne se feront pas prier pour nous aider. »

Il faut savoir que l?idée d?effectuer un pèlerinage à Grand-Bassin ne date pas d?hier. « Tout a commencé lorsque le groupe s?est rendu à Ste-Croix pour rendre hommage au Père Laval », se souvient Jean. Quelqu?un a lancé l?idée qu?il fallait maintenant se rendre à Grand-Bassin pour le Maha Shivratree. Ce projet, même s?il a été tout de suite retenu, mettra du temps à se concrétiser. Dix ans, pour être plus précis. « Notre priorité, c?était d?achever la construction de notre centre. S?il est là aujourd?hui, c?est grâce à l?effort de l?association et à la générosité des Mauriciens qui ont beaucoup contribué à sa réalisation. »

Les cinquante kilomètres qui les séparent de leur destination ne les rebutent pas. « Côté endurance, il n?y a pas de soucis », souligne Jean. Et pour cause ! La plupart d?entre eux pratique le basket-ball, le tennis de table, l?athlétisme, le tir à l?arc et la natation. Le groupe espère seulement que le temps ne jouera pas les trouble-fêtes. « Même si c?est le cas, nous nous abriterons sous les tentes dressées le long du parcours. » Le petit groupe assistera aux prières avant d?emprunter le chemin du retour. « Je suis sûr que le public nous réservera un bon accueil? »

Des fauteuils made in Mauritius

La Dolphins Wheelchair Sports Association est aussi synonyme de débrouillardise. L?association, qui a 75 membres, est sur la voie de l?autosuffisance. Ses membres ont en effet appris à fabriquer des fauteuils roulants utilisés par les handisportifs. Seules les roues sont importées de Grande-Bretagne. « Nous fabriquons alors les châssis et il n?y a qu?à placer les roues. Les travaux de garniture sont sous-traités.

Au final, le fauteuil coûte entre Rs 5 000 et Rs 6 000 », explique Jean-Claude, en montrant les dix premières structures. Un prix modique quand on sait qu?un fauteuil importé coûte? Rs 65 000 ! Dans un coin aménagé en atelier, quatre membres de l?association apprennent également à fabriquer des chaussures orthopédiques. Ils ont été initiés à la cordonnerie par un volontaire travaillant à l?Orthopaedic Workshop du ministère de la Santé. Résultat : la fabrication et la réparation des chaussures n?ont plus de secret pour eux.

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