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mia frye ?J?aboie, je ne mords pas !?

4 mars 2005, 20:00

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Lorsqu?on vous dit que vous êtes née avec Popstars. Cela vous fâche-t-il ou vous fait sourire ?

Ni l?un ni l?autre. Je trouve cela normal. Popstars m?a permis de trouver ma place. C?était à l?époque une nouvelle émission qui débarquait, avec un concept nouveau. Le résultat a été conséquent. Je cadrais bien avec ce que M6 recherchait. J?avais du caractère, j?en ai toujours d?ailleurs. Je suis franche et honnête et puis, je suis une Américaine qui pratique le « franglais », la presse en a fait son affaire, elle a trouvé cela très amusant. Et puis il y avait mon travail avec les candidates. Un travail qui a vite été reconnu. Ca fait plaisir quand le public se rend compte du travail. J?étais à la fois jury et chorégraphe. J?étais en plus une femme de couleur qui arrivait comme cela à l?antenne et je suis restée moi-même.

Et puis il y a eu La ferme célébrités?

Avec La ferme, c?est devenu autre chose. Autant dans Popstars, c?est la Mia Frye danseuse et chorégraphe, qui était montrée, dans La ferme, on m?a dit qu?un Français sur deux s?identifiait à moi. C?était une émission grand public, pour les jeunes comme pour les grands parents. Cette émission a permis de m?humaniser parce que je n?étais plus du tout dans le cadre de mon travail. La Mia Frye exigeante n?existe alors plus.

D?où vous vient cette exigence, pis, cette intransigeance ?

Je fais de la danse chaque jour. Ce n?est pas de tout repos. La danse c?est d?abord une discipline. Il ne faut jamais se reposer sur ses acquis, parce que ce serait très cruel si après y avoir mis une énergie incroyable pour faire rêver, pour se surpasser, l?on relâchait tout à coup. Je me mets une vraie pression, je la mets sur les autres, parce que je suis là pour les permettre de se surpasser. Je suis exigeante parce que c?est ma profession. Mais en tant que femme, je suis calme. Michel n?aurait pas pu me supporter pendant vingt ans, si j?étais tous les jours exigeante et intransigeante.

Vous êtes par contre intransigeante avec ceux avec qui vous travaillez. Cela a été le cas avec Benoît Poelvoorde?

Dans le travail, j?ai envie que chacun donne son maximum. Je veux qu?ils laissent des traces dans leurs histoires, qu?ils soient fiers du résultat. Tout le monde est capable de faire des étincelles, mais laissent-ils des traces pour autant ? N?est-ce pas mieux de laisser une empreinte ! Benoît Poelvoorde me refait encore les pas que je lui ai appris, un an et demi après Podium. J?ai été très dure avec lui, en plus c?est un homme, j?ai été obligée d?utiliser pleins de charmes avec lui et dès qu?il pensait que j?étais la camarade, je redevenais la maîtresse d?école. Quand son film est sorti et qu?il a eu la reconnaissance de la profession, et que les gens qui ont vu le film ont été illuminés par lui, il a été très fier de son boulot. Ca veut donc dire que j?ai fait mon boulot. Au fond de lui, il y a une petite part de Mia ! C?est pareil pour les L5. Si aujourd?hui, elles continuent à durer et à réussir, c?est parce qu?elles savent que ce n?est que par le travail et la discipline qu?on y arrive. Après, chacun poursuit sa route. Après avoir tellement donné et après avoir vécu quelque chose d?aussi intense, il faut couper. Ensuite on récolte les lauriers seulement si le public est satisfait.

Des lauriers, vous en avez récolté d?une certaine Madonna, sur le plateau de Daniela Lumbroso ?

Madonna est quelqu?un qui se renouvelle sans cesse. Je n?allais certainement pas lui servir du réchauffé. Sur Vogue, l?on s?attend à des chorégraphies précises. J?ai alors pensé que je pouvais innover en prenant certains risques, en mélangeant le street jazz à de la fusion. C?était cinq minutes réussies, d?une intensité incroyable. Madonna est restée pendant mon passage. Elle m?a prise dans ses bras et m?a félicitée. Je me suis dis que c?était merveilleux d?être reconnue enfin. Ca replace les choses.

On ne peut pas parler de vous sans évoquer la Macarena ?

Cette danse et cette chanson sont devenues des hits au niveau mondial. Grâce à la Macarena, j?ai parcouru le monde entier. Je suis même venue à l?île Maurice avec d?autres artistes. Cette danse, c?est la transe, c?est une danse grand public, amusant, répétitif, pour l?été. Elle a été faite de sorte que même si on se trompe en la dansant, on garde la face. De l?enfant au grand parent qui la danse, il y a une communion, une fusion. J?aime les chorégraphies qui apportent de la joie, de la convivialité.

A l?écran, l?on a gardé de vous l?image d?une acharnée de travail. Pourtant, on vous découvre autrement?

Popstars, c?est d?abord une émission scénarisée. Si quelqu?un a un caractère bien trempé, c?est de l?eau bénite pour eux. Ce qui me fait peur, c?est la médiocrité et l?indifférence. On est aimé un jour, détesté l?autre jour. Je suis entière, ça dérange. J?aboie, je ne mords pas. Quand je suis face à une star, je la vois telle qu?elle est. C?est ce qui me sauve. Je ne vois pas en elle une icône. Je suis capable de me mettre à leur niveau et de leur dire qu?ils m?agacent quand il m?agace vraiment. Je suis une éponge. Je suis capable d?être dans la réalité et d?être moi-même toujours. Je suis une créative, je suis là pour corriger.

Pourquoi avez-vous refusé de travailler avec des grosses pointures comme Will Smith ou encore Michael Jackson ?

Pour travailler avec eux, il aurait fallu que je m?installe à Los Angeles. Je n?étais pas prête à imposer cela à mon mari et à mon fils. J?ai eu la crainte qu?ils ne se fassent pas là-bas. Ma vie est en France désormais. J?ai besoin de Michel. J?ai besoin qu?il m?épaule et qu?il me conseille. Ma mère également habite en France. J?ai déjà été déracinée une fois, je ne voulais pas que cela recommence.

Quel regard portez-vous sur votre longue carrière, malgré votre jeune âge ?

Je viens de loin, j?ai fait mon chemin, sans faire de mal. J?ai réussi et j?ai grimpé grâce au public. J?ai gagné le respect grâce à mon travail. Souvent les danseurs sont des faire-valoir. Je suis chorégraphe et j?ai réussi à me faire un nom. C?est déjà pas mal !

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