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consommation

4 mars 2005, 20:00

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C?est la jungle. Il n?existe aucune loi pour régir les soldes et les liquidations de stocks. Résultat : de nombreux commerçants font la pluie et le beau temps et les consommateurs sont piégés. Aucun mécanisme de contrôle sur les prix affichés lors de ces opérations. Pour y mettre bon ordre, le ministère du Commerce introduit bientôt des règlements.

«Nous viendrons vite de l?avant avec un arsenal légal pour contrôler la situation, explique Motee Ramdass, ministre du Commerce. Nous travaillons déjà sur la question. J?ai été moi-même victime de publicités mensongères ayant trait à ces soldes et autres liquidations de stocks. Il faut savoir quels sont les stocks disponibles et les prix des articles avant d?afficher des soldes. Mais pour cela, il faut l?autorisation du ministère.»

Le ministre souligne «qu?un mécanisme sera mis en place pour empêcher les commerçants de profiter de l?ignorance des consommateurs. On procédera à un contrôle des stocks disponibles afin que les consommateurs ne tombent pas dans le piège des publicités mensongères.»

Aujourd?hui, un certain nombre de magasins tient des soldes pendant toute l?année, même s?il est vrai que les gens ne s?y ruent plus comme avant. Toutefois, il n?est pas toujours facile pour les consommateurs de savoir s?ils bénéficient vraiment d?une baisse de prix.

trop de compétition

Pourtant les magasins et les grandes surfaces affirment que tel est le cas. A l?instar de David Isaacs, Managing Director de Courts, qui précise que la compagnie «baisse sa marge de profits en vue des liquidations du début de l?année». «Nous baissons les prix afin de pouvoir liquider les produits dont les ventes se font moins vite que prévu, parce que nous avons passé de trop grosses commandes pour un produit particulier ou encore parce que nous allons introduire une nouvelle gamme de produits dotée d?une technologie plus avancée.»

Néanmoins, il y a plusieurs compagnies qui affichent des soldes à? l ?année. A cela David Isaacs répond : «Il y a trop de compétition pour les secteurs de textile et de l?électroménager, par exemple, et devant cette situation, le marché est autoréglé.» Est-ce que la liquidation des stocks se fait en prévision de l?avènement du projet de transformation éventuelle de Maurice en duty-free island ? «Difficile de dire à ce stade.» «La hausse du coût de la vie n?a pas non plus eu un effet sur les ventes de Courts», explique David Issacs.

Mohammud Mustapha Maharaullee, propriétaire de TFP, dit qu?avec sa capacité de production et son expérience, cette compagnie est en mesure d?offrir des escomptes. «Nous faisons des January sales et les prix ont baissé de 25 à 50 %. Nous ne faisons pas de soldes bidon.» Comment est-ce que le client peut savoir que le prix est moins cher qu?avant les soldes ou les liquidations de stocks ? «Les clients ne sont pas dupes. Ils sont aujourd?hui plus avertis qu?auparavant et ils peuvent comparer les prix. La clientèle nous fait confiance pour les prix publiés dans les brochures. On peut berner un client une fois, mais on ne peut pas le berner tout le temps. Il y va du prestige du magasin.»

Mohammud Mustapha Maharaullee fait ressortir que généralement TFP n?importe pas les produits mis en vente dans ses neuf magasins. Mais la compagnie négocie avec des importateurs qui font venir les produits «afin que nous puissions avoir les prix les plus compétitifs possibles».

Jayen Chellum, dirigeant de l?Association des consommateurs de l?île Maurice, pense toutefois que cette pratique n?est toujours bénéfique pour les consommateurs. «Nous avons été en présence de nombreux cas où les consommateurs ont été leurrés par des astuces de certains commerçants peu scrupuleux, car le prix affiché pour les soldes ou les liquidations de stocks était plus elevé que le prix normal.» «Il est grand temps, ajoute-t-il, que le gouvernement vienne de l?avant vite avec des règlements, comme cela se fait en Europe, pour les soldes et les liquidations de stocks.»

Autre astuce de certains commerçants : faire croire qu?il y a une grosse promotion sur un produit alléchant mais lorsque les acheteurs arrivent, on les informe que le stock est épuisé. «C?est un appât utilisé par des commerçants pour attirer la clien-

tèle vers d?autres produits. Il y a eu un manque de volonté sous différents gouvernements pour introduire ces règlements», ajoute Jayen Chellum. Comme Krishna Nair de l?Institute for Consumer Protection, Jayen Chellum concède toutefois qu?il y a des soldes et des liquidations de stocks où les consommateurs peuvent faire de bonnes affaires si les commerçants jouent le jeu et respectent le Fair Trading Act.

Sous cette législation, les produits ne doivent pas être défectueux et doivent être couverts par une garantie. Toutefois, cette garantie ne s?applique pas aux produits de seconde main, les marchandises vendues aux enchères ou encore à la vente à tempérament (hire-purchase).

«Si un commerçant vend un produit défectueux ? textile ou électroménager, hi-fi et autres ? et qui est sous garantie, le consommateur est en droit de le retourner chez le vendeur pour être remboursé ou échangé le produit», dit Krishna Nair. «Mais au cas où le commerçant et le consommateur ne parviennent pas à s?entendre, l?inspectorat du ministère du Commerce intervient pour qu?une solution à l?amiable soit trouvée. Au cas contraire, la question peut être référée au Small Claims Tribunal.»

Selon Jayen Chellum, ce sont les commerçants qui ont dans la majorité des cas obtenu gain de cause dans les affaires portées devant ce tribunal. Là où les réclamations s?élèvent jusqu?à Rs 25 000.

L?année dernière, 83 cas y ont été référés. Le même nombre qu?en 2003. A cause de la limite des réclamations, il n?est pas nécessaire de recourir aux services d?un avoué pour déposer plainte. Mais plaignant et défendeur peuvent, s?ils le désirent, retenir les services d?un homme de loi pour mieux défendre leur cause.

«C?est dommage que l?Acim n?a pas un locus standi, une reconnaissance juridique. Sinon, nous aurions pu mieux défendre les intérêts des consommateurs», souligne Jayen Chellum. Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie, dit que la Chambre «n?est pas en présence d?opinion tranchée sur la question des liquidations de stocks et de soldes, comme cela a été le cas pour les foires commerciales». «Nous sommes pour le libre-commerce à condition qu?il n?y ait pas de pratiques répréhensibles. Pour les foires commerciales, il y a eu ceux qui étaient contre en raison de la concurrence déloyale, et ceux qui étaient pour. Nous avons pu trouver une solution qui donne satisfaction à ceux concernés », dit Mahmood Cheeroo. N

«L?astuce de certains commerçants : faire croire qu?il y a une grosse promotion sur un produit alléchant. Mais lorsque les acheteurs arrivent, on les informe que le stock est épuisé. Un appât pour attirer la clientèle.»

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