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La pêche en campagne

4 mars 2005, 20:00

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Après le village de Grand-Gaube, la caravane de l?information se rend à La Preneuse, à Mahébourg, à Trou-d?Eau-Douce et à Pointe-aux-Sables. A bord, des techniciens du Fishermen Welfare Fund, de la Banque de Développement et de la Small and Medium Industries Development Organization. Leur tâche jusqu?au 30 mars : offrir un nouvel espoir dans un secteur «d?avenir» même avec la mort annoncée de la senne et l?avènement de la pêche industrielle.

Le lancement de la caravane à Grand-Gaube hier s?est effectué en présence de 300 personnes dont la plupart était des pêcheurs. Joe Lesjongard, ministre de la Pêche, et le Premier ministre, Paul Bérenger, ont défini la nouvelle vision du gouvernement. Une vision porteuse d?espoir pour un secteur en plein « avenir ». Ils en ont aussi profité pour lancer le logo du ministère de la Pêche.

Les pêcheurs, eux, disent naviguer toujours en eaux troubles. Certains présents à Grand-Gaube, hier, ont le regard sombre. Leur frustration et leur impatience sont palpables. « Nous entendons beaucoup de paroles mais il y peu de choses qui sont faites », se plaint un pêcheur à la ligne et au casier d?Anse-la-Raie.

Son camarade de Grand-Gaube exprime lui aussi sa frustration. « On nous parle d?aller pêcher en dehors du lagon mais pour un simple pêcheur, ce n?est pas évident. » Les deux hommes se plaignent également des mauvaises conditions de l?octroi et du remboursement des emprunts.

Un troisième, fils de pêcheur, ne peut s?empêcher de commenter l?initiative du ministère de la Pêche. « Ils descendent sur le terrain. C?est bien. Mais ils devraient se rapprocher un peu plus de nous et, surtout, faire en sorte que ce qu?ils annoncent se traduise dans les faits concrets », jette-t-il.

« J?estime qu?il n?y a toujours aucune considération pour les pêcheurs », s?indigne de son côté V. Bhoyroo, de Grand-Gaube. Ce pêcheur ayant vingt ans d?expérience mais n?a toujours pas de permis de pêche. Yves Fanfan, pêcheur réputé de Grand-Gaube, membre de l?Association des pêcheurs professionnels de l?île Maurice (APPIM), explique, lui, que « le ministère de la Pêche fait bien mais il y a encore beaucoup de problèmes ».

Mais dans un tableau aussi sombre, des lueurs d?espoir. Comme cette initiative de l?Association des femmes de gens de mer, regroupant des épouses de pêcheurs des bancs. Elle a fait l?acquisition d?un terrain d?un arpent à Riche-Terre et compte y lancer un projet de petite plantation.

Ou encore celle des pêcheurs issus des premiers cours de formation de l?Ecole de pêche de Pointe-aux-Sables. Ils souhaitent se lancer dans la pêche hors lagon et faire l?acquisition d?un bateau.

Et peut-être, enfin, cette promesse de Paul Bérenger, faite aux pêcheurs à la senne. Décrié, ce type de pêche qui a « un impact sur le lagon », est en voie de disparition. En échange, les pêcheurs doivent toucher une compensation. Mais le gouvernement veut l?aider à effectuer une sortie digne. Et rentable.

«On peut mieux faire pour la compensation que le montant qui a déjà été proposé », a laissé tomber le Premier ministre, lors de son intervention à Grand-Gaube. Une promesse lourde de sens. Mais aussi une dernière lueur d?espoir pour un type de pêche qui se meurt.

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