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Candidature à l?OMC :Cuttaree répond à ses détracteurs

4 mars 2005, 20:00

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A ceux qui le taxent d?être un anti-libéral, le candidat mauricien au poste de directeur général de l?Organisation mondiale du Commerce (OMC) rappelle les principes fondateurs de cette dernière institution. Pour lui, la nécessité pour l?OMC d?évoluer au-delà du commerce vers une stratégie plus large de développement ne va pas à l?encontre d?une idéologie libérale.

Je ne suis pas un anti-libéral mais pour un système multilatéral plus juste. On peut ainsi résumer la teneur du discours de Jayen Cuttaree, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, lors du dîner annuel de la Chambre de commerce et d?industrie hier. Le Premier ministre, Paul Bérenger, était également présent.

Jayen Cuttaree, invité d?honneur en sa capacité de candidat au poste de directeur général de l?OMC, a profité de cette sortie publique pour remettre les pendules à l?heure et répondre à ses détracteurs. Le candidat Cuttaree était en pleine campagne hier.

D?emblée, il a souligné que dans le cadre de cette campagne pour le fauteuil de patron de l?OMC, la question au centre des débats est de savoir qui, parmi les candidats, est pour le libre-échange et qui ne l?est pas.

Parce qu?il défend les intérêts des pays pauvres, le concept d?un traitement spécial et différencié, et la continuité pour un certain temps encore des préférences commerciales, Jayen Cuttaree a été taxé par ses adversaires d?être un anti-libéral.

pour un système équitable

Et Jayen cuttaree leur a donné la réplique. Il est d?abord faux de dire et de penser que l?OMC est uniquement au service de la libéralisation du commerce mondial, dit-il. Le ministre a rappelé que l?accord de Marrakech, l?acte fondateur de l?OMC, stipule que le commerce doit permettre d?élever le niveau de vie des populations des pays membres, d?assurer le plein emploi, la croissance des revenus, l?expansion de la production des biens et services, l?utilisation optimale des ressources et surtout le développement durable.

Le commerce est certainement un instrument vital pour atteindre ces objectifs mais il n?est pas une fin en soi. L?OMC peut contribuer à atteindre ces objectifs en s?assurant que le système multilatéral soit juste et équitable pour les 80 % de pays pauvres qui constituent l?OMC.

«L?agenda de l?OMC doit donc évoluer au-delà du commerce pour faire partie d?une stratégie plus large de développement», déclare Jayen Cuttaree. Ainsi, il s?agit de comprendre que l?accés au marché ne vaut rien si les pays concernés n?ont pas les capacités de production pour en tirer avantage.

«Malheureusement, quand je dis cela je suis qualifié dans certains milieux de anti free-trader. Peut être est-ce parce que cela arrange certains à ce stade de la campagne pour le poste de directeur général de l?OMC », commente Jayen Cuttaree. Il oppose à cette critique, un discours de Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce ? un libéral confirmé ? qui défend la même thèse.

Pour ce qui est du concept de traitement spécial et différencié, le candidat Cuttaree rappelle que cette notion faisait partie de l?Accord de Tokyo de ce qui était alors le Generalised Agreement on Tarifs and Trade (GATT). C?est lors de l?Uruguay Round menant à la création de l?OMC que ce concept a été pratiquement éliminé.

Les pays en développement l?avaient accepté en échange d?une promesse d?aide financière et technique de la part des pays développés qui ne s?est jamais matérialisée. La notion d?un traitement spécial et différencié est heureusement réapparu lors du cycle de Doha qu?il est donc important de mener à terme.

Par ailleurs, pour ce qui est des préférences commerciales, Jayen Cuttaree déclare qu?elles sont nécessaires mais qu?elles ne peuvent pas être permanentes. «A travers la presse occidentale, mes adversaires me dépeignent comme un opposant au libre-échange. Ils disent que mon seul objectif comme directeur général de l?OMC sera de lutter contre la libéralisation pour maintenir les préférences. C?est une fausse accusation. Je crois dans le potentiel du libre-échange pour favoriser le développement. Mais je suis aussi sensible à la misère de ceux qui vont tout simplement périr sans préférences commerciales», déclare Jayen Cutaree.

Le commerce couvert par des régimes préférentiels ne représente que 1 % du commerce mondial, un volume insignifiant qui ne saurait déséquilibrer les flux mondiaux. Par ailleurs, si la libéralisation a permis une croissance des échanges, l?Afrique est le grande perdante. Sa part du commerce mondial est de 2,4 % contre 8 % il y a dix ans. De ce chiffre l?Afrique du Sud représente 0,5 % et les pays africains exportateurs de pétrole 1,1 %. Le reste du continent doit donc se contenter de miettes.

L?Afrique et les économies vulnérables ont donc besoin qu?on les aide à améliorer leurs capacités de production tout en leur accordant de meilleurs accès aux marchés, insiste Jayen Cuttaree.

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