Publicité

Le PTr maintient ses allégations

5 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le leader de l?opposition persiste et signe : il y a bien eu «une fraude de Rs 1,5 milliards à la Mauritius Commercial Bank (MCB) au détriment de seize clients de la banque», maintient-il, lors d?une rencontre avec la presse, hier. Il avait, une première fois, évoqué cette affaire lors de sa Private Notice Question à l?Assemblée nationale, mardi dernier.

Le communiqué émis par la Banque de Maurice, jeudi, est selon lui, «un autre cover-up». D?où ses nombreuses interrogations sur le contenu du communiqué. Ainsi, quand la Banque centrale affirme, dans le premier paragraphe, que «the report (?) dwelt comprehensively on certain irregular practices and that fixed deposits accounts had been tampered with to execute transfers of funds», c?est, pour Navin Ramgoolam, bien le signe qu?il «y a eu d?autres transactions frauduleuses». C?est une «admission majeure», estime-t-il. Celle qu?il «n?y a pas que le scandale financier MCB-NPF», découvert il y a deux ans.

Le leader rouge, en outre, affirme ne pas comprendre pourquoi la Banque centrale s?est vue dans l?obligation de venir soutenir que seuls le gouverneur, le First Deputy Governor et les autres membres de l?ancien conseil d?administration, ont eu accès au rapport de nTan Corporate Advisory. «Il est vrai que la Banque de Maurice est indépendante, mais le Premier ministre a une responsabilité politique. Il ne peut pas ne pas assumer cette responsabilité», soutient Navin Ramgoolam.

«Le droit de savoir»

Au paragraphe 3 du communiqué, la Banque centrale fait ressortir qu?elle n?a pas jugé utile de prendre d?autres actions que celles que lui confère son rôle de régulateur et de superviseur. L?objectif étant de maintenir l?intégrité du système bancaire et de préserver la confiance du public dans le système financier. Cette déclaration de la Banque centrale ne donne toutefois pas satisfaction à Navin Ramgoolam : «Sur quoi était basé cet avis légal, qui a fait que la banque centrale n?a pas porté l?affaire à la police. La population a le droit de savoir», s?interroge-t-il. Et de réfuter le fait que le régulateur des banques affirme qu?il n?a pas «come across any post-nTan report case of tampering with fixed deposits account and unauthorized transfers of funds concerning customers? account at the MCB Ltd».

«au PM de faire son devoir»

Pour Ramgoolam, la Banque de Maurice s?est ridiculisée avec de tels propos. «Personne n?a évoqué de post-nTan report. De quel rapport, parle-t-il ?» s?insurge-t-il. Il précise, par ailleurs, que sa source de renseignements n?est pas uniquement le rapport nTan Corporate Advisory. Et rappelle que les extraits de ce rapport ont été publiés dans la presse.

De plus, il estime que «le chef du gouvernement, de même que la Banque de Maurice, se cachent derrière le Banking Act pour ne rien divulguer. En Grande-Bretagne, quand il y avait eu des problèmes avec la banque Barings, les conclusions de l?enquête ont été connues du public.» Il se basera sur cela pour affirmer que la MCB étant une compagnie publique cotée en Bourse, «le gouvernement a le devoir de protéger les actionnaires et les clients de la MCB.»

Interrogé sur ses intentions de porter l?affaire de «l?autre fraude» à la police, le leader de l?opposition soutient que «le Premier ministre est mieux placé pour obtenir des renseignements. J?ai fait mon devoir en l?interpellant sur la question et en alertant la population. A lui de faire son devoir, je ne le ferai pas à sa place.»

Le leader de l?opposition a aussi remis une liste de cinq questions à la Banque de Maurice et au Premier ministre dans le cadre de cette affaire. Il souhaite, entre autres, savoir si le montant exact de l?autre «substantial and significant irregular and fraudulent transaction» est de Rs 1,516,408,810.

La «fraude» commise par un cadre de la banque, qui a par la suite démissionné, aussi fait l?objet d?une des questions. Paul Bérenger avait indiqué à l?Assemblée nationale que ce cadre avait remboursé la somme avant de s?en aller. Navin Ramgoolam s?intéresse par ailleurs au nombre de clients dont les comptes ont été «tampered with» et quand. Ainsi que le montant de la «fraude». Navin Ramgoolam recherche des détails sur un «fixed deposit account of a board director of the MCB» qui a été «illegally and fraudulently tampered with».

L?extrait du communiqué où il est question de «the anatomy of the irregularities reveals techniques that have been employed for tampering with fixed deposit accounts and executing transfer of funds» préoccupe Navin Ramgoolam. Qui se demande s?il s?agit des mêmes mécanismes utilisés pour la fraude importante de Rs 881, 5 millions de la MCB-NPF et si elle aurait pu être évitée?

Publicité