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Nintendo lance la console portable double écran

5 mars 2005, 00:00

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Après quelques années d?accalmie, la guerre des consoles de jeux vidéo voit s?ouvrir un nouveau front. Une fois n?est pas coutume, la bataille qui s?annonce ne se tiendra pas sur le terrain des consoles de salon, a priori paisible jusqu?à la fin 2006, mais sur celui des machines portables. Début des hostilités le 11 mars avec la sortie en Europe de la Nintendo DS, suivie quelques semaines plus tard par la première console portable de Sony, la très attendue PSP.

Partant du principe que la meilleure défense, c?est l?attaque, Nintendo a choisi de dégainer en premier. Il faut dire que, sur le marché des portables, Nintendo a plus à perdre qu?à gagner, elle qui depuis 1989 domine ses concurrents avec sa célèbre Game Boy. Jusqu?à aujourd?hui, ceux qui ont essayé d?inquiéter le géant japonais sur ce terrain n?ont pas réussi. A commencer par Séga, dont la Game Gear sortie en 1990, pourtant supérieure technologiquement, n?a jamais réussi à s?imposer. Depuis 2003, Nokia tente aussi de grignoter quelques parts du gâteau avec la N-Gage, sans toutefois ébranler la suprématie de la Game Boy. L?arrivée de Sony et l?importance croissante des jeux sur mobile changent désormais la donne.

Face à ces différentes concurrences, Nintendo a su faire évoluer son jouet au fil des ans : Game Boy Pocket en 1996 ; Game Boy Color en 1998 ; Game Boy Advance en 2001 et enfin Game Boy Advance SP en 2003, dernière évolution d?une machine vendue à plus de 110 millions d?unités depuis sa création.

Pour sa nouvelle machine portable, Nintendo reste fidèle à une stratégie parfois déconcertante et risquée : du jeu, rien que du jeu. Alors que la future PSP dispose d?un lecteur audio et vidéo, la DS mise essentiellement sur ses atouts ludiques. A commencer par ceux qu?offre le double écran.

Pour les joueurs âgés de plus de trente ans, le double écran évoque la nostalgie des années 1980, celle des jeux de poche Game and Watch, déjà signés Nintendo, et leurs aventures aussi basiques qu?amusantes : arracher un trésor des tentacules d?une pieuvre ou sauver des gens d?un immeuble incendié. Les écrans couleur de la DS sont autrement plus sophistiqués.

En élargissant ainsi le champ visuel du joueur, la DS propose une immersion plus profonde dans le jeu et donne au double écran une dimension bien supérieure à celle d?un simple gadget. Aux éditeurs désormais d?achever de nous convaincre.

Autre surprise, la DS s?ouvre au monde de la communication sans-fil à haut débit. Seize joueurs peuvent communiquer (via le logiciel de messagerie instantanée PictoChat) et bien sûr jouer entre eux dans un rayon de 10 à 30 mètres. Et ce, sans toujours être forcés d?avoir autant de cartouches de jeux que de participants. Merci pour le porte-monnaie !

Derniers détails de cette DS, plutôt réussie malgré un design quelconque : le micro intégré et la reconnaissance vocale. Avec des titres spécifiques, ces deux outils permettent d?interagir avec la voix et le souffle sur le déroulement d?une aventure.

Guillaume FRAISSARD

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