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A la conquête de l?autre pouvoir

2 mars 2005, 00:00

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Navin Ramgoolam revient très fort sur son thème favori : la démocratisation de l?économie. Il en a d?ailleurs fait un de ses principaux sujets de son intervention lors du congrès des travaillistes dimanche dernier.

Devant une foule de partisans excités, ce fut davantage une sortie en règle contre le ?grand capital? qu?une explication des tenants et aboutissants de cet ambitieux projet qui relève, en premier lieu, d?un ?re-engineering? social de haute voltige.

Tant mieux si le Parti travailliste (PTr) aborde sa campagne de reconquête du pouvoir avec un tel état d?esprit. Il serait dommage si la démarche visait uniquement à faire gagner des votes.

Qu?entend-on par démocratisation de la propriété et du contrôle de l?économie ? L?idée veut dire plusieurs choses pour différents groupes d?intérêts.

Pour certains, une ouverture de l?économie voudrait dire une redistribution des ?privilèges? (marchés publics, terres de l?Etat, accès privilégié aux ressources critiques et aux marchés protégés?). Les gros opérateurs qui ne font pas partie du ?mainstream? du secteur privé auront droit aux ? faveurs? réservées jusqu?ici au ?grand capital? historique.

Si tel était le cas, l?on aura alors que très peu progressé. Le PTr qui s?est toujours montré très disposé vis-à-vis du segment hors establishment de la communauté d?affaires doit dévoiler ses plans pour prouver qu?il s?est engagé sur la bonne voie.

L?ouverture du marché est un vaste chantier. Il faut d?abord déclarer la guerre aux monopoles et autres cartels qui n?ont plus leur place dans une économie libérale. L?autre axe demeure l?élargissement des opportunités d?affaires pour permettre un plus grand nombre d?entrepreneurs de participer à la croissance et à la transformation économique.

Les conglomérats génèrent des marchés captifs qui privent les opérateurs tiers d?énormes possibilités de générer du business. D?une certaine manière, ils occupent presque toute la place. Même les niches sont prises. Soit par les filiales des grands groupes diversifiés soit par des sociétés qui leur sont proches d?une manière ou d?une autre. Dans beaucoup de cas, le concept d?échanges ?at arm?s length? entre membres d?un seul groupe reste dépourvu de sincérité.

Pour réussir, l?entrepreneur de demain (le PTr parle d??emerging entrepreneurs? ou encore d??empowered entrepreneurs?) doit surtout viser les marchés d?exportation et/ou exploiter de nouveaux pôles. Les politiques devront stimuler les capacités industrielles (?supply-side?) de l?économie pour favoriser l?émergence de ces nouvelles sources de richesses.

Mais les initiatives entrepreneuriales des Mauriciens ne dépendent pas uniquement d?un exercice de ?re-engineering? social ou d?un climat d?affaires convivial aux affaires. Il y va des valeurs et des attitudes profondes de la nation.

Valeur du jour, le Mauricien moyen reste peu disposé à s?aventurer en affaires. Comment offrir des opportunités à ceux qui n?en veulent point ?

Un projet politique de démocratisation économique de l?une ou l?autre alliance va certainement se buter sur ces réalités. Mais Ramgoolam aura, lui, une difficulté supplémentaire s?il se retrouve au pouvoir. Il devra exécuter sa politique sans toutefois mettre en péril la croissance. C?est-à-dire sans se mettre à dos le ?grand capital? qui demeure la principale source de la richesse dans le pays.

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