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ProCoachwork, habilleur de châssis

2 février 2005, 00:00

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Les martèlements se succèdent. Aigus et graves se conjuguent. Un concert bruyant, chaque jour, sur des carrosseries d?autobus. Bientôt cinq ans que ProCoachwork répète ses gammes au Caudan Industrial Estate à Riche-Terre.

L?année 2004 a été de tous les succès pour ProCoachwork. Les ouvriers n?ont pas chômé. Plus de 20 autobus et camions, neufs ou restaurés, sont sortis des ateliers de Riche-Terre. Une réussite qui, selon Hamid Soodeen, le directeur général, lui permet d?occuper le marché des opérateurs individuels. Sur sa liste de commandes, on retrouve désormais United Bus Service et Triolet Bus Service. Un succès qui date que d?hier, à coups de précision et de persévérance.

Teelock & Sons est mis en liquidation et ferment ses portes en 1999. Une place s?est libérée dans ce marché restreint, volatil. Hamid Soodeen, après neuf années d?expérience à gérer ces ateliers de construction, tente le pari : saisir cette part de marché ou sombrer.

Et Alutech Limited, sa première compagnie, démarre timidement. Au four et au moulin, Hamid Soodeen fait son one-man show et courtise les entreprises. Ses premiers contrats consistent à assembler et fixer les caissons sur des poids lourd. L?entreprise opère alors à Roche-Bois, dans un local exigu.

L?aventure le tente. Hamid Soodeen se lance dans la carrosserie d?autobus. Il y investit près d?un million de roupies. De bouche-à-oreille, il bat le rappel de son équipe. Et les anciens de chez Teelock & Sons rappliquent. Les meilleurs. De Roche-Bois, ProCoachwork s?installe dans un bâtiment plus spacieux, au plafond surélevé. Le nombre de contrats, au démarrage, se comptent sur les doigts. ?J?ai vécu trois pénibles années?, explique le directeur de l?entreprise.

<B>Rs 1,1 million que pour le châssis</B>

La croissance, souligne le patron de ProCoachworks, est catalysée par la marque Isuzu. Désormais, 95 % des carrosseries sur châssis de la marque Isuzu, sont montées à Riche-Terre pour les propriétaires d?autobus individuels.

La carrosserie d?un autobus nécessite en moyenne 1 500 heures de travail, soit 40 jours. La survie est tributaire de la précision. Chaque centimètre compte. Car l?autobus tout nouveau tout beau passe les tests à la National Transport Authority. ?Un centimètre de plus entre les sièges, et l?autobus ne sera jamais mis sur route?, souligne Hamid Soodeen. Au-delà de ces normes, l?entreprise est tenue de respecter ses engagements dans la durée de construction car le client ira voir ailleurs au moindre retard.

Selon Hamid Soodeen, dans le marché des opérateurs individuels, le luxe relève de l?utopie, du moins pour le moment. Un autobus nécessite des capitaux conséquents : Rs 1,1 million rien que pour le châssis et une moyenne de Rs 500 000 pour la carrosserie. L?accent est mis sur la rentabilité, le rapport qualité-prix, sans complication aucune. ?Par exemple, quand une vitre vole en éclats, le propriétaire voudrait le changer rapidement et non pas ramener le véhicule chez nous pour la remplacer?, indique-t-il.

La gourmandise chinoise en termes de métaux alourdit les coûts. En une année, le prix de l?aluminium a augmenté de 70 %. Et ProCoachwork, à l?exception des vitres commandées de l?Afrique du Sud ou d?Asie, est au gré des commerçants locaux.

Entre-temps, le mince essaim d?ouvriers virevolte, tournoie et martèle sur les charpentes de carrosserie pour que dure le succès métallique.

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