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?Les hôteliers ont déjà ajusté leurs tarifs par rapport aux réalités commerciales?

2 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?<B> Le plan directeur sur l?accès aérien recommande une baisse des tarifs des chambres d?hôtels afin d?augmenter le nombre de touristes. Qu?en pensez-vous ? </B>

Tout d?abord, ce n?est que vendredi dernier que l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice a reçu une copie du rapport final. Nous allons l?étudier et l?association prendra officiellement position vendredi prochain, après sa réunion.

Toutefois, sur la base de ce qui a déjà été publié, notamment dans l?express, je peux faire quelques observations. Il est important de revenir à l?essentiel. Le développement du tourisme doit être le fruit d?un partenariat entre l?aérien et l?hôtellerie. Il faut que le package global soit un deal attrayant pour le touriste qui doit sentir qu?il en a pour son argent.

Pour ce qui est des tarifs hôteliers, le rapport trouve qu?ils ont augmenté entre 2001 et 2004. Il convient de rappeler qu?il y a eu durant cette période une appréciation de l?euro et des autres devises étrangères par rapport à la roupie. Ce n?est donc pas exact de dire que les hôteliers ont relevé leurs tarifs à ce point. Il faudrait comparer les prix en euro, voire en devises et non en roupie.

Dans notre groupe, et je pense que c?est le cas dans l?industrie hôtelière en général, les tarifs ont été gelés ou revus à la baisse à certaines saisons. Comme vous le voyez, nous n?avons pas attendu le rapport d?un consultant pour savoir ce qu?il faut faire. Nous sommes parfaitement au courant des réalités commerciales et nous recommander de baisser nos tarifs revient à nous prendre pour des imbéciles.

?<B> Quel est donc selon vous le vrai problème ? </B>

Il y a un comité présidé par le bureau du Premier ministre qui se penche depuis un an sur diverses questions ayant trait au tourisme, dont le mismatch entre les tarifs aériens et les tarifs hôteliers. Il faut comprendre que la période d?octobre à décembre est la pleine saison pour les hôtels. Nos établissements sont pratiquement pleins et nous réalisons jusqu?à 50 % de nos bénéfices durant ces trois mois.

Il nous faut donc améliorer le taux de remplissage entre janvier et septembre et plus particulièrement, entre avril et septembre, période qui correspond à l?hiver mauricien c?est-à-dire à notre basse saison. Un hôtel ne peut pas réclamer le tarif appliqué en décembre au mois d?août. Nous révisons donc nos prix à la baisse. Nous pratiquons des prix qui sont de 25 % à 40 % moins chers à cette période.

Les compagnies aériennes considèrent que les tarifs doivent augmenter puisque c?est l?été en Europe. C?est cela le mismatch qui doit disparaître car l?effort des hôteliers est anéanti par l?augmentation des tarifs aériens.

J?ajoute que les tarifs aériens ont été ajustés durant une grande partie de cette période dans le sens que nous préconisons, sauf précisément à la période des vacances en Europe, période où nous avons le plus de chance de remplir nos hôtels.

Par ailleurs, la clientèle touristique est composée d?individus, de couples et de familles, mais également de groupes organisés qui aident considérablement à améliorer le taux de remplissage des hôtels surtout en période de basse saison.

Ils sont d?une importance capitale pour l?hôtellerie.

Dans les établissements hôteliers, ces groupes bénéficient de tarifs réduits. Malheureusement, les tarifs aériens pour les groupes ne sont pas aussi compétitifs vers Maurice qu?ils le sont vers d?autres destinations. Nous perdons donc beaucoup de groupes au profit d?autres destinations où le tarif aérien pour les groupes est plus attrayant. Là encore, le dialogue est établi et j?espère que nous arriverons à une conclusion heureuse.

?<B> Vous dites que les hôteliers ont ajusté leurs tarifs par rapport aux réalités commerciales. Pourtant, certaines analyses démontrent que Maurice demeure chère par rapport aux destinations de plage ?</B>

Oui c?est vrai, mais depuis les débuts du tourisme à Maurice, gouvernement et secteur privé se sont entendus et ce jusqu?à ce jour pour faire de Maurice une destination haut de gamme. A ce que je sache, haut de gamme veut dire cher. Nous n?avons donc pas à en rougir. Je considère que plus que jamais, nous devons continuer dans cette direction. C?est cela qui nous différencie de nos concurrents même si par ailleurs, nous offrons une large palette d?hôtels allant du trois étoiles à monter, avec des tarifs en harmonie avec ces différentes catégories d?hôtels.

?<B> Vous êtes donc d?avis que nous devons continuer à nous positionner comme une destination haut de gamme?</B>

Oui car nous obtenons autant de revenus avec moins de touristes. Je crois que c?est mieux pour notre petit pays de faire dans la qualité plutôt que dans la quantité. Ce n?est pas une question de positionnement mais une réalité.

Nous offrons avec notre population et son sens exceptionnel de l?accueil et son sens inné du service une prestation incomparable. De plus, le niveau de l?infrastructure hôtelière est reconnu par tous comme étant hors du commun et surtout, de grande qualité. Je rappelle que nous n?hésitons pas à réinvestir massivement dans nos établissements hôteliers régulièrement alors que dans d?autres destinations, ce n?est pas le cas. Enfin, nous sommes toujours en train d?innover et cela se remarque et fait l?objet d?articles élogieux dans la presse étrangère. Quant à nos plages et à nos lagons, je peux vous assurer, après avoir visité nos concurrents qu?ils sont de grande qualité et que nous n?avons rien à leur envier.

?<B> Si l?hôtellerie ne veut pas faire dans la quantité, pourquoi se plaint-elle quand le nombre de touristes stagne ? </B>

Nous sommes dans une logique de développement hôtelier. Quand on augmente de manière conséquente le nombre de chambres il faut aussi augmenter de manière conséquente le nombre de touristes pour pouvoir maintenir le taux d?occupation de nos établissements. Je constate que ce message a été entendu. La rallonge du budget de promotion de la Mauritius Tourism Promotion Authority est un premier pas dans la bonne direction.

?<B> Quand on entend des hôteliers évoquer l?accroissement du nombre de chambres, on peut avoir le sentiment que ceux qui sont déjà installés ne veulent pas de nouveaux entrants ?</B>

Je ne sais pas d?où vous vient cette perception. Moi je suis de ceux qui pensent que le soleil doit briller pour tout le monde.

?<B> On peut avoir l?impression que chacun reste campé sur ses positions.. L?hôtellerie blâme l?aérien et vice versa ?</B>

C?est possible que le rapport donne cette impression mais je peux vous assurer que nous continuons à dialoguer et à progresser.

?<B> La Mauritius Commercial Bank (MCB) estime la croissance dans l?industrie touristique de 8,2 % cette année. Est-ce que ce sera suffisant pour accompagner la croissance du parc hôtelier ? </B>

Il nous faudrait une croissance annuelle de 8 % et nous avons donné quelques idées sur les moyens d?y parvenir. L?augmentation du budget de promotion est l?une d?entre elles ? même si elle reste à notre avis insuffisante ? et je suis heureux de constater que cela a été fait.

En tout cas, j?espère que les prévisions de la MCB se réaliseront. La banque trouve que la croissance dans les arrivées durant les trois derniers mois de 2004 est encourageante. Je rappelle qu?entre octobre et décembre, c?est l?été chez nous et que généralement, nous n?avons aucun problème à remplir les hôtels durant cette période. Ce n?est pas parce que les hôtels sont pleins depuis octobre qu?on peut dire que la croissance est revenue. L?hiver arrivera bientôt et nous verrons bien.

?<B> Vous êtes donc sceptique. Pourtant, on prétend que Maurice devrait bénéficier du tsunami qui a ravagé les infrastructures touristiques de certains de nos concurrents?</B>

Après le tsunami, nous avons effectivement reçu des emails de la part des tour-opérateurs qui vendent Maurice aussi bien que les destinations du sud-est asiatique. Ils étaient paniqués car ils avaient des réservations pour ces destinations entre décembre et mars.

Le comité, présidé par le Premier ministre, s?était réuni à la fin de décembre. Nous avons expliqué aux autorités que les tour-opérateurs sont nos partenaires privilégiés et que nous devions faire quelque chose pour leur venir en aide. On était également motivé par la possibilité de récupérer un nombre de touristes supplémentaires.

Il avait été donc convenu qu?on autoriserait des non scheduled flights à Plaisance car les packages vendus par les tours opérateurs pour ces destinations incluaient des avions déjà affrétés.

C?est dans cette optique qu?il avait été agréé que pendant trois mois, ces avions seraient autorisés d?atterrir à Maurice. Cette opération nous aurait également donné l?occasion de faire l?expérience d?un ciel ouvert et d?en observer les conséquences.

Je regrette que jusqu?à présent, aucun de ces vols spéciaux n?ait été autorisé. A ce que je sache, il y a eu deux demandes de la part de deux compagnies d?aviation mais aucune n?a été agréée. Ce sont surtout les petits établissements indépendants qui auraient pourtant bénéficié davantage de ces arrivées additionnelles de touristes.

Propos recueillis par <B> Stéphane SAMINADEN</B>

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