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Hewitt en mission nationale

30 janvier 2005, 00:00

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Derrière la visière de sa casquette noire, la mine d?Andy Roddick s?est assombrie au fil du match. L?Américain avait pourtant démarré sa demi-finale solidement pour prendre le premier set en s?appuyant sur son service.

Mais ensuite il s?est laissé piéger par un Hewitt galvanisé par l?atmosphère survoltée du Court Rod Laver en nocturne. Comme s?il était impossible d?arrêter l?Australien si près du but. Si près du bonheur, lui qui n?avait jamais dépassé les huitièmes de finale ici.

« Je me suis préparé depuis huit mois pour ce tournoi », a lâché un Hewitt dégoulinant de sueur à l?issue de ce dur combat. C?est ici, chez lui, que culmine la campagne de reconquête du tigre d?Adelaïde, remonté de la 16e à la 3e place mondiale durant la saison 2004.

L?Australien a travaillé dur en compagnie de son entraîneur, Roger Rasheed, pour réussir enfin dans ce tournoi qui lui échappait. Passant par la case Sydney, il a ramassé son quatrième trophée là-bas. Et, à Melbourne, il s?est tiré des pièges que lui ont tendus les Nadal et autres Nalbandian.

Entre ces hommes de la même génération ? Safin a 25 ans et Hewitt, 24 ?, c?est à une finale inédite dans un tournoi du Grand Chelem que vont assister les spectateurs victoriens.

Sur le papier, les débats ne sauraient être plus équilibrés. Les deux joueurs se sont affrontés dix fois... et sont à cinq victoires partout. Si l?on analyse plus en détail leurs rencontres, c?est pour découvrir que Marat Safin a l?avantage en salle où il est tellement à l?aise, mais que sur surface dure c?est Lleyton Hewitt qui mène trois matches à deux.

En matière d?expérience en finale de tournoi majeur, il n?y aura pas de bizuth aujourd?hui sur le court Rod Laver. Mais, si Marat Safin a joué quatre finales de Grand Chelem pour n?en remporter qu?une seule, Lleyton Hewitt, en revanche, a gagné deux des trois finales qu?il a disputées. Une victoire à l?US Open en 2001, puis à Wimbledon l?année suivante. Enfin, une défaite à Flushing Meadows contre Roger Federer en septembre dernier.

Si la qualité du jeu penche en faveur de Safin, plus puissant que son adversaire en dépit de la récente transformation physique de ce dernier, le mental pourrait jouer un rôle primordial dans cette finale du centenaire de l?Open. Entre la pugnacité de l?Australien et le soutien de son public, il y a largement de quoi agacer un Marat Safin qui y parvient parfois sans aucune aide extérieure.

Le Russe a cependant prouvé dans ce tournoi que sa maturation n?était pas virtuelle et qu?il était capable de conserver sa concentration. Même dans un match aussi tendu que celui qu?il a arraché à Roger Federer.

« Je ne me fais pas de souci pour la pression », affirme de son côté Lleyton Hewitt. « J?ai été sous les projecteurs à un très jeune âge et je m?en suis bien sorti. J?ai déjà joué de grands matches et mes résultats en Coupe Davis parlent d?eux-mêmes. »

Pour Lleyton Hewitt, le rendez-vous est capital. Le voilà en mission nationale avec la possibilité de se faire une jolie place dans l?histoire du tennis de son pays.

S?il s?imposait aujourd?hui, il mettrait fin à vingt-neuf ans de disette pour ses compatriotes dans cet Open d?Australie. Depuis la victoire de Mark Edmonson à Kooyong. C?était en 1976.

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