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Terrassé par une gastro à 3 ans

30 janvier 2005, 00:00

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Les cris et les pleurs n?y changeront rien. Mais Shabnaz Jahamal, 22 ans, ne peut se résoudre au décès de son fils , Qadir Peerally, âgé de trois ans. Elle assiste avec peine aux derniers rites en mémoire de son benjamin. Celui-ci est décédé des suites d?une gastro entérite vendredi soir. Le matin même pourtant, elle s?était rendue à l?hôpital du Nord, lorsqu?elle s?est rendu compte qu?il était sujet à des vomissements et à la diarrhée.

« Un médecin indien l?a ausculté, lui a fait une injection et nous a remis du sérum en poudre, nous recommandant de ne pas lui donner du lait à boire», explique Shabnaz. Six heures se sont écoulées entre la consultation et son retour à Goodlands. Elle donne finalement son sérum au petit. « Li dir dadi pa frote? Li ti pe gagn dimal desann enba so vant», confie sa grand-mère.

Qadir est déjà à l?agonie lorsqu?on le transporte à l?hôpital vers 22 heures. Mais, à l?arrivée, les médecins ne peuvent que constater son décès. L?autopsie du médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin, hier, a démontré que l?enfant est mort d?une « severe dehydration » causée par sa gastro-entérite. Et qu?il était anémique.

Il n?en faut pas plus pour que Shabnaz se pose des questions sur le diagnostic du médecin indien. « Konpran pa ti pe konpran, linn koz bout bout kreol ar mwa et monn koz enn tibout hindi ar li.» Et d?enfoncer le clou, indiquant que le médecin n?a pas utilisé son stéthoscope pour ausculter son fils et qu?il n?a pas non plus examiné sa langue.

« Il aurait dû le mettre sous perfusion et le garder sous observation», reconnaît un médecin alors qu?un de ses collègues de l?hôpital du Nord confirme que «des fois, les diagnostics des médecins indiens sont erronés ».

« Certains peuvent avoir de l?expérience. Mais s?ils ont travaillé dans un dispensaire mal équipé dans un endroit reculé pendant des années, peuvent-ils donner de bons diagnostics, surtout avec la barrière de la langue», s?interroge un troisième médecin.

Hassen, le grand-père de Qadir, fulmine. Il compte avoir les explications du ministère de la Santé afin de situer les responsabilités quant à ce tragique décès. Il est très remonté contre le ministère, surtout après qu?on lui a fait attendre plus de trois heures avant de pouvoir récupérer le corps de Qadir.

« Il n?y avait pas d?attendants ni de responsable à l?hôpital Jeetoo le matin où l?autopsie devait être faite. Kan monn resi zwen enn responsab, li dir mwa li pe fer mwa enn faver sinon mo ti pou gagn lekor lundi», s?emporte Hassen.

Une échauffourée entre la police et la famille du disparu a ainsi éclaté dans la cour de l?hôpital lorsque la police a voulu emmener le cadavre à l?hôpital Candos, faute d?attendants?

Hassen a dû alerter une radio privée. Aussitôt la nouvelle diffusée, les attendants sont arrivés à leur poste comme par magie mais après le médecin légiste. Avec tous ces incidents, la famille Jahamal compte intenter un procès contre ce ministère.

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