Publicité
Cool World le conte d?un rêveur
Dans le monde de l?animation, le nom de Ralph Bakshi n?est peut-être pas aussi connu que les créateurs de Pixar ou de Disney, ce réalisateur fait office de pionnier. Il est le premier à avoir donné vie à Spider-Man et au Seigneur des Anneaux de Tolkien dans l?animation.
Ralph Bakshi reste surtout un artiste naïf et rêveur. 1945. Frank Harris rentre aux Etats-Unis après avoir combattu en Europe. Victime d?un accident de moto, il est happé par un personnage de bande dessinée venu du futur et entre dans Cool World, un monde fantastique peuplé d?étranges dessins. Frank devient alors chef de la police de Cool World. Il est rejoint dans son nouvel univers par Jack Deebs, le créateur de celui-ci. Une de ses créatures, Holli Would, en tombe amoureuse et espère, grâce à Frank, accéder au monde réel et se transformer enfin en créature de chair et de sang. Mais l?amour entre un humain et un personnage de B.D. est interdit et met le monde en danger.
De grands espoirs sont placés sur Cool World à sa sortie en 1992. Le film mêle animation et comédiens vivants, les artistes en sont les héros, le réalisateur est connu pour son audace, il est interdit au moins de 13 ans : tout ceci laissait espérer une oeuvre plus mûre, plus adulte que les autres films d?animation sortis dans les années 80. Hélas, le résultat ne sera pas à la hauteur des espérances.
Techniquement, Ralph Bakshi ne parvient pas à recréer la même unité et harmonie entre les images animées et les acteurs. Une harmonie à laquelle Robert Zemeckis était parvenu dans Qui veut la peau de Roger Rabbit?, quatre ans auparavant. Ralph Bakshi échoue à rendre l?ensemble crédible. Il est visiblement partagé entre sa volonté de livrer un film plus adulte et de récolter de l?argent.
Côté jeu, seul Brad Pitt s?en sort dans le rôle du policier de Cool World. Ralph Bakshi a imaginé un scénario original qui, au fil des scènes, perdra toute sa logique. En effet, le studio décide de confier le scénario aux scénaristes Michael Grais et Mark Victor. Ils en tirent une mauvaise version. Deux ans après la sortie de Cool World, Ralph Bakshi révèle qu?il avait détesté le script de Michael Grais et Mark Victor. Ayant besoin d?argent, Ralph Bakshi poursuit l?aventure, convaincu qu?il saura masquer les faiblesses du scénario. Il se sera trompé sur toute la ligne.
L?échec de Cool world ne doit pas ranger Ralph Bakshi aux oubliettes. Ce réalisateur, d?origine israélienne, reste le premier à avoir adapté Le Seigneur des Anneaux au cinéma, bien avant la trilogie ambitieuse de Peter Jackson. C?est en 1978 que Ralph Bakshi porte Le Seigneur des Anneaux à l?écran. The Lord of the Rings, adapté par Peter S. Beagle et Chris Conkling inconscients de la complexité de l?oeuvre, fut dirigé Ralph Bakshi, qui mit des années à réaliser un dessin animé de 135 minutes, mais qui ne recouvre en fait qu?un tiers du roman. Il s?arrête en pleine bataille du Hornburg à l?arrivée de Gandalf et d?Erkenbrand, venus aider leurs compagnons encerclés par l?armée de Saroumane.
Artistiquement, ce film est un mélange de dessins et de scènes cinématiques incrustées dans les plans. Ainsi, les Hobbits ne sont pas de vrais acteurs mais sont dessinés, avec quelque talent d?ailleurs. Par contre, les Neuf sont réels ainsi que leurs chevaux. Les scènes ont été filmées (ex : la poursuite de Frodon des Neufs vers Fondcombe et leur déroute lors du passage de la rivière en furie) puis incrustées dans des plans dessinés.
Au niveau commercial, ce film n?a pas connu la réussite escomptée. Il n?est sorti au cinéma qu?en de rares salles en France. Par contre, il a connu un succès honorable aux Etats-Unis et en Angleterre.
Qu?importe, Ralph Bakshi est aujourd?hui reconnu pour la valeur artistique de ses oeuvres. A tel point que le célèbre Musée d?Art Moderne de New York a ajouté ses films à sa collection.
Une bande originale
Electro-pop, industriel et techno : la bande originale de Cool World est réussie et retrace, en quelques morceaux, l?histoire de la musique électronique. On y trouve de grands noms : David Bowie, Moby, Thompson Twins, The Cult ou encore Brian Eno. David Bowie ouvre le bal avec Real Cool World, un hymne techno-pop. L?accord se parfait avec la présence des Thompson Twins, virtuoses du synthé. On remarquera aussi la présence de Brian Eno, un des précurseurs de l?ère électronique. Moby apporte la touche techno avec deux titres The Future Sound of London et Mindless. Ministry & My Life Withe The Thrill Kult livrent deux morceaux dont le fameux Sex On Wheelz de leur album Sexplosion.
Publicité
Publicité
Les plus récents