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Des tonnes de rochers endommagent un conduit d?eau
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Des tonnes de rochers endommagent un conduit d?eau
D?énormes roches, dont une pesant bien ses 10 tonnes, se détachent du flanc du ravin de la GRNO et endommagent gravement un conduit fournissant de l?eau à Port-Louis. Des éléments de la SMF prêtent leur concours à M.K. Jawaheer, directeur de la CWA pour aider au déblaiement résultant de ce glissement de terrain. A Port-Louis, des vandales n?hésitent pas à percer des tuyaux pour avoir accès au précieux liquide, compliquant d?autant la remise en état de la fourniture d?eau. L?UNICEF donne deux millions de comprimés pour purifier l?eau. Des camions-citernes ravitaillent constamment certains quartiers de la capitale, l?hôpital civil et d?autres institutions. La pénurie d?eau en ville est telle qu?Action Civique invite ceux, qui descendent en voiture à Port-Louis pour y travailler, à porter des récipients d?eau aux citadins de leur connaissance.
La presse en arrive à parler des travaux post-cycloniques sans pouvoir distinguer avec précision ce qui appartient à Claudette de ce qui revient à Hyacinthe, alors que les dégâts de Gervaise (6 février 1975) ne sont toujours pas entièrement colmatés. En ce qui concerne Hyacinthe, sont déjà à l??uvre les ?ravaudeurs? du réseau routier. Nous les revoyons, travaillant à la chaîne, le premier jetant une poignée de macadams dans un nid de poule, dûment choisi après maintes tergiversations, le deuxième une poignée de shipping, le 3e et le 4e tenant à bout de perche une touque de bitume, réchauffé au feu de bois, le cinquième, tenant à la main un balai de tiges de bambou en guise de goupillon et aspergeant d?un geste auguste mais saccadé le nid de poule de nouveau macadamisé, le sixième et le septième promenant un mini-rouleau compresseur sur l?ancien nid de poule, de nouveau bitumé, et la douzaine d?autres membres du gang se reposant à l?ombre mais prêts à relayer l?un ou l?autre besogneux, en cas de grosse fatigue. Un million de roupies est prévu pour cette réfection routière. Le trafic routier reprend graduellement ses droits, slalomant entre ornières, crevasses, creux, bosses, trouées, nids de poule béants et nids de poule réasphaltés (tout autant dangereux), panneaux ?Beware ! works overhead !? savamment oubliés sur la voie publique pour faire savoir à tous qu?on a travaillé ou qu?on va travailler (ce qui revient au même).
Les Mauriciens ont toutefois tort de se plaindre de Hyacinthe, en dépit de la pomme d?amour à Rs 20 le demi-kilo, car leurs voisins réunionnais sont à genoux. Hyacinthe a tué 22 d?entre eux, compromis leur récolte sucrière 1980, anéanti leur industrie du géranium ainsi que leurs cultures maraîchères. Ils comptent aussi 15 disparus. Il leur faut deux heures pour se rendre de Saint-Denis à l?aéroport de Gillot.
L?actualité fait la part belle à l?assemblée générale de la fédération patronale de Maurice. Mervyn North-Coombes remplace Antoine Harel à la présidence. Elle place l?année 1980 sous le signe de la participation des travailleurs aux profits et aux décisions majeures de l?entreprise. C?est du moins le thème du discours du nouveau ministre du Travail, Razack Peeroo. Il remplace à ce poste Yousouf Mohamed, parti représenter son pays natal au pied des pyramides du Caire, où 40 siècles le contemplent avec attendrissement. Au dire des patrons et du GM, la participation est essentielle à la paix industrielle. En langage décodé, cela signifie qu?ils souhaitent ardemment une année 1980 moins tumultueuse que 1979 sur le plan syndico-politique. En clair, cela veut dire moins de grèves générales et paralysantes. Le GM promet de légiférer prochainement en direction de cette fameuse participation, tant souhaitée par l?UDM de Raymond Rivet, de Maurice Lesage et de Guy Ollivry (à propos, ce dernier présidera le Bar Council, en 1980). L?avons-nous aujourd?hui dûment codifiée dans notre législation industrielle ? That?s the question !
Plus concrètement, Antoine Harel, président sortant de la MEF, demande au gouvernement de créer des emplois productifs et surtout de cesser d?accorder des augmentations salariales de façon inconsidérée. D?aucuns protesteraient vertement, aujourd?hui, contre ce secteur privé se permettant de donner publiquement des instructions à un gouvernement démocratiquement désigné par le peuple souverain de Maurice. Mais, en 1980, le gouvernement n?a rien à refuser au secteur privé. La preuve ? Il accepte sans sourciller la démission de Sir Claude Noël, qui se retire, pour raisons de santé, de la présidence du conseil d?administration de l?établissement sucrier d?Etat de Rose-Belle.
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