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La lutte contre la pauvreté à l’ordre du jour de Davos
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La lutte contre la pauvreté à l’ordre du jour de Davos
L’effet de miroir est classique : à la Suisse, patrie du pouvoir de l’argent, l’expression des représentants du grand capital, du libéralisme, des multinationales ; au Brésil, un des pays les plus inégalitaires du monde, les pourfendeurs de la mondialisation.
Mais la caricature a fait long feu. Alors que le Forum social mondial (FSM) cherche ses marques, les dirigeants politiques et les patrons d’entreprise se sont emparés des thèmes qui lui sont chers : pauvreté, développement, dette, Afrique. Jusque-là parcimonieusement saupoudrés dans quelques ateliers, ces sujets devraient dominer, cette année, une bonne partie des débats.
Quatre semaines après le tsunami, qui a provoqué plus de 280 000 morts et fait basculer, selon la Banque asiatique de développement, 2 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté, les quelque 2 000 global leaders semblent pris d’une nouvelle conscience. Selon un sondage commandé par le Forum à la firme Weber Shandwick, 62 % d’entre eux placent la lutte contre la pauvreté et la faim au travers d’un partenariat mondial en tête de leurs priorités.
Ce n’est donc pas un hasard si Tony Blair a répondu à l’invitation d’inaugurer le Forum. La Grande-Bretagne a fait du développement et de la défense de l’environnement les priorités de la présidence du G8, qu’elle assure en 2005.
Le premier ministre britannique, qui dispute à son chancelier de l’Echiquier, Gordon Brown, la vedette sur ces questions, a récemment lancé l’idée d’un plan Marshall pour les pays en développement. Il prononcera le discours d’ouverture et animera, jeudi, une session spéciale sur le thème “Le G8 et l’Afrique : rhétorique ou action ?” aux côtés de Bill Clinton, Bill Gates, le chanteur Bono, les présidents sud-africain, Thabo Mbeki, et nigérian, Olusegun Obasanjo. Brown interviendra, lui, vendredi, dans un panel consacré au “financement de la bataille contre la misère”.
Ce n’est pas un hasard non plus si, pour la première fois, Jacques Chirac se rendra à Davos. Le président français avait pris l’habitude d’envoyer un de ses conseillers sentir l’air du temps à Porto Alegre. La nécessité de trouver 50 milliards de dollars supplémentaires par an pour atteindre les objectifs du Millénaire - réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015 - fait que le public de Davos, qui représente le pouvoir et l’argent, lui paraît désormais indiqué.
<B>Nouveaux départs</B>
Le chef de l’Etat devrait présenter les propositions françaises d’une taxe internationale pour financer le développement. Il le fera devant un parterre réceptif. Les Américains, très hostiles à toute idée d’impôt mondial, sont, hormis une brochette de parlementaires, quasiment absents de Davos cette année.
La plupart des membres de l’administration américaine n’ont pas encore été officiellement confirmés dans leurs fonctions. C’est sous son ancienne casquette de représentant au commerce que Robert Zoellick séjournera dans la station suisse. De nombreux responsables politiques estiment que 2005 est une année charnière. Pour le président du Forum, Klaus Schwab, elle est marquée “par une série de nouveaux départs, de la nouvelle présidence de la Commission européenne à l’élection du président de l’Autorité palestinienne ou aux élections à venir en Irak”.
Le thème retenu comme fil conducteur des débats – “Prendre ses responsabilités face à des choix difficiles” – servira à aborder la série d’obstacles à franchir dans chacune des régions du monde. Ils sont d’ordre économique – résorption des déficits aux Etats-Unis ; définition d’une nouvelle politique monétaire pour la Chine ; vieillissement de la population et problème des retraites un peu partout.
Ils sont également politiques. La victoire de Viktor Iouchtchenko à la présidentielle ukrainienne pose la question des relations entre la Russie et ses anciens satellites. L’Europe est en pleine discussion sur sa nouvelle Constitution et se déchire sur la question turque.
L’avenir de l’Europe sera “l’autre” grand sujet de Davos. Gerhard Schröder sera là pour en parler mais aussi les présidents polonais et tchèque, les premiers ministres danois, letton, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
<B>Babette Stern</B>
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