Publicité

Des imprévus affectent les devises

26 janvier 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le marché des devises est à nouveau à court. Et les interventions de la Banque de Maurice n’ont pas suffi. La roupie risque de se déprécier davantage. Mais le ciel pourrait s’éclaircir cette semaine avec des rentrées de devises dont l’origine est gardée secrète. Les cambistes estiment qu’il manquerait actuellement entre US$ 10 millions et US$ 15 millions. La Banque de Maurice est intervenue pour vendre des dollars récemment, mais les opérateurs du marché jugent le volume insuffisant.

La Banque centrale rétorque que depuis décembre elle a injecté entre US$ 25 millions et US$ 30 millions sur le marché. “Le marché n’a qu’à s’en prendre à lui-même. L’année dernière, quand il y avait un surplus de devises sur le marché, personne n’en voulait car personne ne voulait prendre des positions à long terme. Et aujourd’hui ils se plaignent de ne pas avoir de devises”, ironise un responsable.

Toujours est-il que le manque de devises a entraîné une dépréciation de la roupie qui a perdu près de25 sous par rapport au dollar en une dizaine de jours.

Les pénuries sur le marché des devises sont cycliques. Les rentrées de devises sont effectivement saisonnières, dépendant des ventes des principales industries d’exportation : le sucre, le tourisme et la zone franche. Le déséquilibre entre l’offre et la demande génère au cours de l’année des périodes de pénurie.

Janvier et février sont généralement des périodes creuses, car le sucre et le textile ne reçoivent pas de recettes. L’industrie touristique est, elle, généralement payée en avril.

Mais cette fois, de nouvelles tendances ont accentué la pénurie cyclique de janvier : d’une part, les grands importateurs se manifestent maintenant pour acheter des devises afin de payer leurs achats de la fin de l’année dernière. “On les attendait en novembre et décembre, mais ils ont brillé par leur absence. C’est maintenant qu’ils viennent”, commente un cambiste.

De plus, avec la hausse du prix du pétrole, la State Trading Corporation a besoin de plus de dollars pour acheter la même quantité de produits pétroliers.

Par ailleurs les fonds de pension et d’assurance font preuve d’un appétit soudain mais féroce. Anticipant une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis, ces derniers sont devenus friands de placements en dollars, surtout les bons.

<B>Davantage de concurrence</B>

Selon plusieurs cambistes, les fonds de pension ont dû acheter entre US$ 50 millions et US$ 60 millions ces dernières semaines. Les banques commerciales pointent du doigt les foreign exchange dealers non bancaires qui, disent-ils, perturbent le marché. Parmi ces foreign exchange dealers on trouve les trésoreries des grands conglomérats qui sont très actifs sur le marché.

Depuis la libéralisation du marché des changes, les grands groupes se sont effectivement dotés de structures, initialement pour gérer leurs devises étrangères, mais qui sont ensuite devenues des profit making business.

A la Banque de Maurice, on récuse l’accusation contre les foreign exchange dealers. On explique que c’est justement pour induire davantage de concurrence sur le marché des devises que ceux-ci ont été autorisés à opérer. La marge entre les taux à la vente et à l’achat pratiquée par les banques est jugée trop importante par la Banque centrale.

Publicité