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La responsabilité sociale gagne les compagnies
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La responsabilité sociale gagne les compagnies
Il est toujours difficile aux entreprises de faire accepter leurs actions sociales par la communauté. Toute action allant dans le sens de la citoyenneté d’entreprise est sujette à éveiller des soupçons, en particulier par des groupes anti-tabac et anti-alcool.
Selon la loi, les producteurs de cigarettes et de boissons alcoolisées sont tenus de déclarer que leurs produits nuisent à la santé. “Il nous faut opérer dans le cadre de la loi. A partir de là, nous évoluons vers un système de gouvernement d’entreprise. Mais cette exigence ne suffit plus. Il nous faut aller plus loin en adoptant les normes de responsabilité sociale”, explique Naushad Ramoly, qui était jusqu’à tout récemment responsable des Corporate and Regulatory Affairs de British American Tobacco (BAT) à Maurice.
Les principes du gouvernement d’entreprise mettent l’accent sur le respect des droits des actionnaires, surtout les groupes minoritaires et les petits porteurs. La responsabilité sociale, de son côté, vise à assurer que l’entreprise honore ses engagements vis-à-vis de la communauté en général, et pas seulement par rapport à ceux qui détiennent des actions.
A Maurice, le monde corporatif est à la traîne des tendances émergentes sur le plan international. Des sociétés étrangères, en particulier des multinationales, ont introduit quant à elles des pratiques qui peuvent servir de modèles aux entreprises locales, très souvent pauvres en termes de valeurs citoyennes. Depuis quelque temps, la BAT publie son rapport social qui fait figure de bilan de ses réalisations non financières. La multinationale est notée sur les standards rigoureux de Standard & Poor.
Le nombre d’accidents causés par une consommation excessive d’alcool interpelle les fabricants de boissons. Si la cigarette peut nuire à la santé sur le long terme, l’alcool, lui, peut tuer dans les heures, voire les minutes suivant sa consommation. Le devoir social est encore plus pertinent ici. Mais les producteurs de boissons alcoolisées s’engagent de plus en plus dans des campagnes de sensibilisation en faveur du responsible drinking.
Smirnoff Ice, une marque de boisson gazeuse alcoolisée, qui fait un tabac à Maurice depuis son introduction en mars 2004, a voulu créer un impact sur la communauté des buveurs. Le spot publicitaire montrant une personne en train d’entailler les pneus de sa voiture avant de se rendre à une fête n’aura pas laissé insensible.
“Tout le monde doit se sentir concerné lorsqu’on parle de responsible drinking. Il est important que les gens puissent consommer de l’alcool de manière responsable. De notre côté, nous nous assurons que nos brands soient promues et vendues de manière responsable également”, explique Hilary Stout, responsable de la marque chez Phoenix Beverages Group, fabricant agréé du produit à Maurice. Smirnoff Ice fait partie du portefeuille de produits de Diageo, un leader mondial de boissons alcoolisées. La compagnie a développé un code de pratique rigoureux sur le plan du marketing. L’éthique prônée par la multinationale est diffusée dans tous les pays où elle s’est implantée.
Mais avoir une conscience humanitaire a quand même un prix qui influe inévitablement sur les résultats de la compagnie. Comment réconcilier les objectifs conflictuels ? “La responsabilité sociale fait partie intégrante des affaires de la compagnie, et il n’est nullement question de la reconsidérer au nom des profits”, estime Hilary Stout.
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