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Sucre : l?aide aux ACP définie au cas par cas

25 janvier 2005, 00:00

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L?Union européenne a dévoilé hier le plan d?action pour aider les pays touchés par la réforme de son régime sucrier. Les mesures d?accompagnement reposent avant tout sur la stratégie élaborée par chaque pays pour mitiger les effets de la baisse de prix. L?enveloppe d?aide n?a pas encore été définie.

Selon le Protocole sucre, signé en 1975, l?Union européenne (UE) s?est engagée à importer 1,3 million de tonnes de sucre de 20 pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), hors taxes, à un prix garanti de 523,7 euros la tonne. En 2003, Maurice a exporté pour 24 % de ce quota, rapportant ainsi 261 millions d?euros.

Cependant, la réforme du régime sucrier européen préconise une baisse de 37 % du prix garanti afin d?être en accord avec les règles de l?Organisation mondiale du commerce. Les ACP estiment que cette réduction leur serait ?catastrophique?. Et ce plan d?action définit les mesures d?accompagnement que l?UE propose à ces pays pour qu?ils anticipent le changement dès 2006.

Justifiant la réforme, la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel a expliqué : ?La réforme du régime communautaire du sucre est devenue urgente. Le statu quo n?est pas une solution. J?ai la ferme intention de parvenir à un accord politique sur un nouveau système d?aide d?ici décembre.?

Canaliser l?aide future de l?UE

Hier à Bruxelles, lors d?une réunion de travail entre les ministres européens et ACP de l?Agriculture, le plan d?action a été présenté au bloc ACP. Le pays y est représenté par le ministre Nando Bodha.

Le plan d?action est basé sur trois axes : renforcer la compétitivité du secteur du sucre lorsque celui-ci est viable ; promouvoir la diversification des régions tributaires du sucre et répondre à des besoins d?adaptation.

L?aide européenne sera tributaire de la stratégie de chaque pays pour d?une part s?adapter aux nouvelles conditions du marché et, de l?autre, canaliser l?aide future de l?Union européenne. ?Ces stratégies nationales devront être conçues et mises à jour par l?Etat récipiendaire, dans le dialogue avec la Commission et avec le soutien financier de l?Union européenne, si nécessaire?, est-il précisé dans le plan d?action.

Tenant compte de la complexité des processus de restructuration et de diversification, la Commission propose une période maximale de huit ans pour les mesures d?accompagnement. ?Selon sa stratégie, le pays bénéficiaire devra déterminer la durée du soutien?, explique la commission.

Comme l?avait souligné le commissaire à l?aide humanitaire, Louis Michel, lors de sa visite à Maurice, le plan d?action est assez large. Il préconise le développement d?activités en amont et en aval, des projets complémentaires, la recherche, la valeur ajoutée des produits sucriers, l?énergie et le carburant (éthanol).

La diversification serait une autre façon d?atténuer les effets de la baisse. Elle pourrait se dérouler à l?intérieur même de l?industrie ou avec une réorientation complète de l?économie. Car ?dans tous les cas, des sources de revenus diversifiées représentent un facteur important pour réduire la vulnérabilité des zones dépendant de la canne, en plus du ou en remplacement de ce secteur.?

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