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D?intenses moments d?incantation divine
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D?intenses moments d?incantation divine
Comme pour toutes les fêtes religieuses, le Cavadee tire son sens d?une légende. Y est mis en scène le personnage d?Idumban, qui signifie orgueilleux, à qui il est demandé de rapporter les sommets de deux montagnes voisines. Idumban réussit l?exploit de rattacher les deux sommets au bout d?une palanche (cavadee), soit un bâton qui sert à transporter des charges. Toutefois, en chemin, il affronte Muruga qui s?est métamorphosé en petit garçon et qui s?est caché dans un des sommets de la palanche pour en alourdir le poids. Muruga le vainc grâce à sa lance. Le dieu finit par céder aux supplications des proches d?Idumban et ramène l?orgueilleux à la vie.
C?est ainsi qu?est née la métaphore que le cavadee porté jusqu?au temple garantit à son porteur les grâces du dieu. Le Cavadee traduit, de ce point de vue, la symbolique de la persévérance dans la quête spirituelle. ?Le Cavadee permet au fidèle d?exprimer sa dévotion à Muruga. Les Mauriciens de foi tamoule, comme tous ceux qui se livrent à des pratiques cultuelles, sont les héritiers de traditions anciennes?, explique, à cet effet, Ramanujam Sooriamoorthi.
Le Cavadee est célébré, par nos compatriotes de foi tamoule, après dix jours de jeûne et de prières. Les fidèles entreprennent un pèlerinage le jour de la fête. Ils se dirigent vers les temples avec la statue de Muruga. C?est un moment intense d?incantation divine.
Les plumes du paon qui avait porté Muruga
Le cavadee, lui-même, est la perche, ornée de feuilles, de fleurs et d?images saintes. Les fidèles portent le cavadee en hommage à Muruga dans un élan de recueillement. Ils se transpercent aussi certaines parties du corps, notamment les joues, le dos et le torse, avec de fines aiguilles. Celles-ci représentent les plumes du paon qui avait porté Muruga. Les fidèles se percent ainsi le corps et offrent leur chair aux vel, ces aiguilles et piques qui représentent la lance de Muruga. La lance, elle-même, est constituée de trois parties, la tige, la partie large du fer et la pointe. Elle est le symbole de la puissance, de l?intelligence et de la victoire. En se piquant le corps, les fidèles espèrent aussi trouver le pardon et la récompense du dieu. ?Tout culte présente forcément une dimension propitiatoire?, explique Ramanujam Sooriamoorthi.
Le Cavadee peut être célébré à n?importe quel moment de l?année. Il est à la discrétion du fidèle qui peut ainsi choisir de témoigner sa foi en son dieu. A Maurice, outre le Thaipoosam Cavadee, célébré en janvier ou début février, il y a deux autres Cavadees. L?un est célébré vers la mi-avril-mi-mai et l?autre correspond à la naissance de Muruga. Il s?étend sur la période mi-mai à mi-juin.
En cette période sacrée, le fidèle se signale par des pratiques particulières dont la purification du c?ur, l?ascèse spirituelle, l?abstinence? Les fidèles se débarrassent des sentiments comme la haine, l?orgueil et la cupidité. Le jour de la fête, ils prennent un bain purificateur avant de constituer une procession pour honorer Muruga à travers, entre autres, des offrandes dont des noix de coco, des fruits, du lait, de l?eau safranée...
A travers le Cavadee, les fidèles tamouls entreprennent le voyage initiatique de la foi, avec ce qu?il peut comporter comme épreuves. ?Le Cavadee est la fête à laquelle participent tous les Mauriciens. Il y a une dimension spectaculaire qui y est rattachée et qui suscite aussi l?intérêt des étrangers?, fait ressortir Ramanujam Sooriamoorthi.
Cavadee est cette aventure de la foi, une expérience personnelle, que chaque croyant vit comme une quête intérieure qui mène vers le sacré et la grâce de Dieu.
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