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Merci de nous faire rêver cher poète !
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Merci de nous faire rêver cher poète !
A deux reprises, dans ces mêmes colonnes, Edouard J. Maunick nous a partagé, fort de ses voyages et de son attachement à sa patrie, l?émerveillement et l?émotion qu?ont pu susciter chez lui arbres et jardins du monde. (Voir l?express-culture du 17/12/04 et du 10/01/05).
Nous ne pouvons que vous remercier, cher poète, de nous faire rêver en des temps où des préoccupations économiques poussent les hommes ? qu?ils soient de Maurice ou d?ailleurs ? à oublier que nous ne faisons qu?un avec la nature; en la détruisant, c?est notre avenir même que nous mettons en péril.
La tragique catastrophe qui a ravagé les côtes de l?Asie du Sud-Est nous a jeté à la figure une vérité bien douloureuse : au même titre que les arbres et les animaux dont la disparition lui est souvent indifférente, l?homme peut lui aussi être une espèce menacée?
Au-delà de considérations éveillées par l?actualité, vous avez tort de dire, M. Maunick, que vos ?vie zistwar? n?intéressent pas la jeune génération. Bien au contraire, après avoir lu et apprécié Namasté de Marcel Cabon, oeuvre qui recèle d?innombrables références à la flore locale, il est toujours bon d?en savoir plus sur cet écrivain à travers le témoignage d?un de ses anciens compagnons. En effet, comme ce roman nous permet de saluer chez son auteur le souci du ?mot exact? tel que vous le dites ! Chaque page est riche d?images qui touchent, plus que nul autre, le lecteur mauricien.
Sous la plume de Cabon, Oumaouti, femme du protagoniste Ram, ne devient-elle pas ?un jeune laurier tant habillé de ses fleurs? ? ? et le ?colophane?, ?sur son pan de roche si haut juché, tout seul (?) et tout fouetté d?oiseaux ? que n?ayant personne avec qui causer quand le vent lui retrousse le feuillage, il s?entretient avec lui-même. Mais quelles histoires alors !? En lisant pareil passage, on ne peut que se dire que ce Mauricien-là savait regarder la nature et l?aimer.
Pour ma part, j?ai eu la chance de visiter par deux fois l?île aux Aigrettes, non loin des côtes mauriciennes. Comme nombre de mes compatriotes, j?ai éprouvé un grand bonheur en traversant la belle forêt d?ébéniers de cette île. Elle constitue une véritable oasis de fraîcheur, foisonnant de fougères que les arbres à l?écorce blanchâtre et au feuillage si vert abritent de leur ombre. Quel enchantement d?apercevoir alors parmi les branches tortueuses un couple de pigeons des mares; on se croirait revenu dans un passé séculaire, où la population mauricienne n?en était qu?à ses balbutiements?
Merci encore, cher Edouard, de nous faire rêver, de nous rendre moins égocentriques et plus humbles face à la grandeur de nos frères les arbres.
<B>JULIE R.B.</B>
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