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Faut-il renforcer le contrôle des tests de laboratoire ?

23 janvier 2005, 00:00

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Ramchandra Bheenick président de la Private Medical Practitioners Association (PMPA)

Doit-on accueillir favorablement les laboratoires de recherche ?

C?est un secteur à forte valeur ajoutée si ses unités de production développent leur potentiel d?exportation. Nous avons intérêt à lui accorder une attention égale comme nous le ferons pour tout autre secteur porteur d?opportunités nouvelles. Ce qui nous permettra d?évaluer son potentiel, de répertorier les risques qu?il peut entraîner, de rechercher les solutions appropriées pour intégrer ce secteur dans notre développement économique.

Comment surmonter cette réticence aux recherches que le non-respect de codes d?éthique a entraînée ?

L?opinion publique doit être rassurée. La commercialisation toujours probable de produits fabriqués à base d?extrait animal ou humain voire même chimique au mépris des normes éthiques alimente le doute. Le recours à des compétences extérieures pour gérer les actifs d?un entrepreneur local pose la question de la responsabilité.

Il n?y a pas mille façons de procéder. Toute la lumière doit être faite sur la composition des produits. L?article du contrat interdisant aux personnes ayant subi des tests de divulguer des informations doit être révisé. Le vocabulaire doit être accessible à tous. La responsabilité d?un laboratoire, ainsi que celle de ses partenaires, locaux ou étrangers, doit être formellement engagée en toutes circonstances.

Sommes-nous assez armés pour relever les défis que pose la recherche ?

En l?absence d?une législation spécifique, il faut être doublement vigilant. D?où la nécessité de renforcer les structures actuelles de ce comité d?éthique du ministère de la Santé. La création d?instances indépendantes avec des professionnels ayant une solide formation tant juridique que scientifique est indispensable.

Des institutions telles que l?université de Maurice, le Mauritius Reseach Council et le Medical Council doivent jouer un rôle prépondérant dans ces instances. Nous avons tort si nous laissons la recherche chimique sur les produits cosmétiques et pharmaceutiques se développer sans une intervention juste, équilibrée et réfléchie. Il est temps que le Premier ministre élabore la politique de son gouvernement dans ce domaine avant qu?il ne soit trop tard.

Ravind Gaya président de l?Association des pharmaciens de l?île Maurice

Êtes-vous en faveur des recherches sur des cobayes mauriciens ?

Absolument si les tests sont réalisés d?après les protocoles bien définis. Bien souvent, la formulation d?un produit tant cosmétique que pharmaceutique intervient après des années des recherches. Les tests sur les humains précèdent la rentrée officielle du produit sur le marché. Ces tests permettent d?améliorer et de raffiner la qualité des produits et de réduire ses effets secondaires. Ils peuvent également permettre de recorriger ses molécules dans l?intérêt suprême des utilisateurs. Les tests sur les Mauriciens peuvent déterminer si les médicaments leur conviennent réellement.

La publication des recherches ne peut-elle pas être une source de conflit avec les médecins ?

Si un laboratoire privé ?uvre dans l?intérêt du patient, il doit être le bien venu. Il peut y avoir conflit si jamais, les résultats de ses recherches remettent en question le protocole de prescription adopté par un médecin.

N?est-ce pas également le rôle d?un laboratoire de recherche de vérifier la fiabilité des médicaments ?

Exacte. Si c?est fait dans l?intérêt du public, c?est une bonne chose. Il y a des médicaments bidons à Maurice comme c?est le cas ailleurs. Ces tests pourront décourager les opérateurs qui ne se gênent pas pour passer entre les filets de contrôle exercé par le ministère de la Santé et qui inondent le marché de produits contrefaits et de qualité douteuse. Les médicaments ne sont pas tous de qualité égale. Les formules originales des médicaments peuvent être facilement copiées. Cependant ces tests doivent être effectués avec beaucoup de précaution. Il est impératif qu?un cadre juridique propre à Maurice soit mis en place pour réglementer les activités des laboratoires de recherche.

En attendant l?élaboration d?un cadre juridique propre, quelle devrait être la nature du contrôle ?

Les objectifs de tout opérateur doivent être examinés avec une attention particulière. Tout doit être fait dans la transparence la plus totale. Toutes les catégories de professionnels de la santé publique doivent être partie prenante dans l?examen des dossiers. Il ne faut pas laisser aux seuls fonctionnaires le soin de décider s?il faut ou non accorder un permis d?opération.

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