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Les centres d?appels se tirent dans les pattes
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Les centres d?appels se tirent dans les pattes
Il y a la vitrine et l?arrière-boutique. Côté vitrine, les centres d?appels du pays offrent l?image d?un secteur émergent et dynamique. Côté arrière-boutique, sévit une concurrence acharnée où les prix sont constamment revus, où le client est démarché agressivement et où le débauchage est monnaie courante. Rien de répréhensible jusqu?ici. Et voici qu?en début de semaine, des échos se font entendre.
Les directeurs d?un des plus importants centres d?appels du pays ne s?entendent plus. Au détour d?une conversation avec un directeur de centre d?appels concurrent, le mot est lâché, il est question de fraude? des dizaines de milliers d?euros ! Le secteur des centres d?appels vient-il de connaître sa première « affaire » ? Ou est-ce la concurrence qui a recours à une nouvelle méthode pour écorner l?image de marque d?un concurrent qui réussit.
Une enquête s?impose. L?industrie des Technologies de l?information et de la communication est un petit monde à Maurice. Tout le monde se connaît? plutôt bien. Ce qui facilite les recoupements, car chacun arrive plus ou moins à savoir ce que fait l?autre.
D?abord les concurrents du centre d?appels en difficulté avouent timidement « avoir entendu que des choses pas très claires s?y seraient passées. » Bon, ce sont des concurrents, ils ont peut-être des raisons de dire que ce centre d?appels cache des squelettes dans ses placards. En vérifiant ailleurs, l?écho semble toutefois s?amplifier. C?est le talk of the week dans ce milieu.
Infinity dans la ligne de mire
Tour à tour, de sources proches du Board of Invesment, de l?Information and Communication Technologies Authority, de Business Parks of Mauritius et de Mauritius Telecom, la nouvelle semble se confirmer. Les directeurs d?Infinity, le plus important centre d?appels du pays, seraient en train de s?entre-déchirer. Jean Suzanne, l?un des directeurs, ferait l?objet de soupçons. Un des clients français d?Infinity l?aurait quitté et serait en train de dire, à qui veut l?entendre, que des choses «louches» s?y seraient passées...
Sir René Seeyave, l?un des directeurs et partenaires de Jean Suzanne au sein d?Infinity Maurice, devrait pouvoir clarifier la situation. Interrogé, il explique qu?« il n?y a eu aucune fraude au sein d?Infinity ». Mais « il existe des différends d?ordre opérationnels entre les directeurs », lâche-t-il, sans toutefois préciser la nature de ces différends.
C?est Jean Suzanne qui pourrait éclaircir la situation. Il est à Paris. Alarmé et « blessé » par la tournure que prennent les événements, il offre quelques compléments d?information fort utiles. Il existe des divergences d?opinion entre Sir René Seeyave et lui. « J?ai ma stratégie et nous avons pu avoir quelques divergences notamment sur la nécessité de cibler le marché anglophone, par exemple. Mais il n?y a aucune séparation prévue au sein d?Infinity Maurice. »
Une ardoise de Rs 5, 5 m
Poursuivant, Jean Suzanne explique qu?un client français a récemment quitté Infinity. Ce n?était pas un divorce à l?amiable, car il laisse derrière lui une ardoise de 150 000 euros, soit plus de Rs 5,5 millions. Infinity compte d?ailleurs le poursuivre devant les tribunaux français afin de recouvrer la somme due. Et c?est précisément ce client qui, cherchant de nouveaux partenaires, aurait lâché la rumeur qui n?a pris que quelques jours pour faire le tour de toute l?industrie à Maurice.
Le directeur d?Infinity voit rouge. Les tracasseries, ça le connaît. Son entreprise a déjà été la victime de quelques alertes à la bombe. La BPML a même reçu une complainte anonyme l?informant que des collaborateurs d?Infinity fumaient de l?herbe dans les toilettes de la Cybertour. Après enquête, l?information s?est avérée fausse. « Mais là, ça dépasse les bornes. Je suis blessé. J?ai l?impression que mon succès dérange, je n?y peux rien. Mes prises de position et les choses que j?ai pu dire en étant franc me valent ces calomnies aujourd?hui », explique Jean Suzanne qui a pris le premier avion pour Maurice en apprenant les folles rumeurs qui circulent à son sujet.
La rumeur ne serait pas née de manière fortuite, selon lui : « Il faut se demander à qui sert le crime... » Confrontés à la version de Jean Suzanne, les responsables de centres d?appels plaident la bonne foi, en arguant qu?ils ont pu se faire duper par le client indélicat d?Infinity. Mais d?autres maintiennent mordicus qu?il y a anguille sous roche. La rumeur, orchestrée ou pas, a la dent dure...
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