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RAYA SORKINE

22 janvier 2005, 00:00

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<B>Raya Sorkine, peintre français d?origine russe, plus de 10 000 toiles vendues dans le monde, des expositions à Paris, Miami, Singapour. Et une faiblesse. L?île Maurice. Il exposera les lithographies de ses dernières ?uvres et proposera une séance de dédicaces le 27 janvier, au Caudan Waterfront à 18 heures.</B>

Colosse de vie et de poésie qui soutient de son âme un monde imaginaire où, déguisé en arlequin, il est le seul à pouvoir aller se balader. Avec ses pinceaux et ses couleurs, Raya Sorkine, peintre français d?origine judéo-russe, raconte les histoires des personnages qui ont marqué son enfance.

Une enfance assombrie par la guerre de 40 et ses horreurs et égayée par les traditions et les couleurs orientales.

Il est l?Arlequin de Marivaux, le sensible et le naïf, plein d?espoir, présent dans les toiles comme dans la vie, au moment de belles et chatoyantes fêtes, familiales, que seul un regard vers le ciel peut troubler.

L?Arlequin en question est musicien, magicien, peintre, messager. C?est lui encore, celui que, tout petit, on appelait déjà l?artiste.

Comme dans ses ?uvres foisonnantes de vie, de spiritualité, de styles, de temps, de rêves, de musiques, de jeux, de symboles, la vie du peintre se raconte à différents degrés. Il a une vie multiple, tumultueuse, qui lui fera parcourir le monde, devenir le père de sept filles, vendre plus de 10 000 toiles. Il est un poète aventurier, découvreur d?un monde magique, né de ses origines, de ses souvenirs d?enfants.

Raya Sorkine, le peintre né Alain de Bouvier de Cachard, prend pour nom d?artiste celui de sa mère, dont il a hérité la sensibilité. Né en 1936, Raya a grandi près de sa mère et des traditions russes, son père étant fait prisonnier. Il voit la déportation, se souvient de cette famille de voisins, «des artistes, sensibles», qui ont disparu, soudainement.

Ne parlant pas bien français, s?exprimant par des dessins. Il se crée un monde à lui, dessine les gens et les choses qui lui sont chers, dans son champ vibratoire céleste, «comme si on me demandait de les faire vivre. J?avais un oncle, Avigdor, que j?appelais Diadia. Je lui parlais souvent. Et je lui parle encore quand ça ne va pas. J?ai un téléphone pour le ciel».

Il est un artiste-né et autodidacte et de ce fait, son âme d?artiste a besoin d?autre attache que les bancs de l?école. Il a besoin de vie et vite. Précoce dans tous les domaines, quitte l?école à 12 ans et travaille, il sera papa à 18 ans, blessé de guerre un peu plus tard et peintre à part entière à 22 ans.

Il se souvient avec émotion de ce jour. «C?était à Paris, place Saint André des Arts. J?ai rencontré un vendeur de tableaux. Il a acheté toutes mes toiles. J?avais 22 ans et c?est à cet instant que je suis devenu peintre», raconte Raya Sorkine.

Aujourd?hui encore, les visages des personnages de son passé hantent, ou illuminent, ses toiles aux couleurs oniriques. Des tableaux portant l?influence des traditions juives et du folkore russe dont il dépeint des scènes de vie familiale, des fêtes, des communions, avec les êtres, avec la nature.

Partout, l?on retrouve, l?on imagine la musique, le parfum des fleurs, la lumière céleste, la chaleur des astres, la musicalité des couleurs. Des contes de fées et de fêtes. Un peu comme Chagall, autre grand peintre français, né en Russie, qui fut remarqué pour la richesse poétique de ses ?uvres merveilleuses et colorées.

«J?ai fait la connaissance de Chagall à l?Atelier des Musées Nationaux et j?ai eu une grande amitié avec lui. Quand je l?ai rencontré, je me suis dit qu?il avait tout fait avant moi. Mais nous avons deux manières de travailler différentes. Contrairement à lui, j?ai ramené mes personnages plus près de la terre».

Le regard perdu de l?arlequin, c?est aussi un regret, celui de ne pouvoir s?exprimer pleinement. Sa peinture figurative fait le tour du monde et sa renommée. Mais «j?ai fait de très belles toiles abstraites, mais elles ne sont pas commercialisables. Mon abstrait n?a pas de limite, c?est comme une onde. Dans une toile figurative, je suis serré. Si je ne vivais pas de ma peinture, je ne ferais que de l?abstrait. J?aimerais que l?on connaisse ma vraie peinture».

<B>Raya Sorkine et l?île Maurice</B>

En 1976, il rencontre, à Paris, Pierre Richard, un Mauricien qui vient de finir ses études en France. Captivé par le travail du peintre, Pierre demande à travailler avec Raya et à vendre ses toiles. C?est le début d?une grande histoire d?amitié. «Je suis tombé amoureux de cette famille», confie Raya. Il fait partie du clan, autour de Pierre, sa femme Gisèle, ses filles, Muriel et Anne et son frère Jean

Marie Richard, directeur de l?agence Imagine. Prochaine expédition avec la famille Richard. Rodrigues. Raya va jouer à l?éponge, et se laisser imprégner par Rodrigues. Il essaiera de travailler sur place, en retrouvant à Rodrigues un paradis idéal. «Je m?attends à une île de tranquillité et de paix, je vais là-bas c?est comme un espoir, un espoir de trouver la paix».

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