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Sorbecassine, passion tropicale
L?entreprise a conservé son esprit artisanal. Elle produit toujours à faible échelle. Après dix années d?existence, Sorbecassine a tissé son réseau de fidèles. Fervents de sorbets aux arômes tropicaux.
Sorbecassine est axée sur le haut de gamme. Sa clientèle est restreinte: des hôtels (Coin de Mire et Calodyne-sur-Mer) et restaurants (Le Capitaine), quelques supermarchés à l?instar de Prisunic à Curepipe et National Store à Floréal. Des restaurants, par souci de qualité, cherchent l?exclusivité sur des parfums, dont la fabrication est gardée secrète.
La passion du sorbet est mitigée car le Mauricien l?identifie à la glace. Or, les ingrédients diffèrent. ?Contrairement à la glace, le sorbet ne contient pas de lait?, précise Christophe Sauzier, le directeur. Le sorbet est un mélange à doses variables de fruits, d?eau de sucre, sans additifs.
La spécialité est, évidemment, les fruits du pays : mangues, letchis, cocos. Et Christophe Sauzier s?y connaît, car il part à 5 heures, chaque matin, au marché pour se procurer les meilleurs lots. Au fil des jours, les contacts se nouent. Et les livraisons se font à domicile. Par conséquent, il se tourne vers les vergers de Labourdonnais pour l?approvisionnement. Cependant, vu la dimension de l?entreprise, l?achat de matières premières se fait au jour le jour.
De retour à Maurice en 1994, son diplôme d?études politiques en poche, le jeune Christophe Sauzier investit dans ce secteur nouveau, à l?opposé de sa formation. Son partenaire d?affaires est un Français, Patrick Triffaut.
<B>?Un produit pour une clientèle fidélisée?</B>
Les années 90. Grand-Baie est en ébullition. Le nombre d?hôtels s?accroît. Au c?ur de la mutation, en 1994, Sorbecassine ouvre, donnant sur la route principale, avec une petite terrasse. Un lieu de rencontres, agrémenté de sorbets et de café. La fabrication artisanale se déroule dans l?arrière-boutique. La période faste, avant la tempête, dure deux ans, au cours desquels la réputation croît. L?actionnaire français quitte le pays en 1996, vendant ses parts à Christophe Sauzier.
?Pendant les trois ans qui ont suivi, cela a été très dur?, résume-t-il. Il fait face à des difficultés pour diverses raisons : il s?endette pour racheter les actions de Patrick Triffaut, la concurrence prend forme, et le centre de Grand-Baie se déplace plus en amont.
Seul, dans un univers inconnu, Christophe Sauzier change de stratégie, avec le soutien familial. La fabrication est transférée à Mon-Loisir. Il se lance dans la livraison auprès d?une clientèle nouvelle : les hôtels et restaurants. Des rencontres avec des connaisseurs et des chefs lui permettent de développer sa gamme de parfums et ses techniques de fabrication. ?Au départ, c?était artisanal. Cela n?a jamais changé. Ces contacts m?ont permis de mieux comprendre le produit et le manipuler?, explique l?homme d?affaires.
Qui plus est, il se diversifie, en ouvrant un café à Grand-Baie, à proximité de l?hôtel Merville. Il se situe à Around the World. Hormis les touristes, sa clientèle est principalement fidèle, composée d?amis et des expatriés.
Les soubresauts ayant jalonné l?existence de Sorbecassine découlent du manque initial d?expérience de Christophe Sauzier. Aujourd?hui, il s?enorgueillit d?être à la tête d?une entreprise rentable, ?après avoir tout appris sur le terrain.?
L?avenir est tout dessiné. Christophe Sauzier résume: ?Je continue à ce rythme même si Sorbecassine n?est plus mon principal business. Cela me procure du plaisir de fabriquer un produit pour une clientèle fidélisée.?
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