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John Steward Leopold
?<B>Présentez-vous, John Steward ? </B>
J?ai débuté dans l?enseignement à l?âge de 20 ans. Puis, j?ai pris l?initiative d?aller continuer des études tertiaires à L?universite de Maurice. J?ai obtenu mon degré en agriculture, avec une spécialisation en biotechnologie, en 2001. Heureusement pour moi, j?ai très vite été embauché comme agronome sous le 8ème FED (Fonds Européen de Développement). D?ailleurs mes efforts ont été appréciés par mon employeur. C?est pourquoi des démarches ont été effectuées pour financer mes recherches de sustainable development de l?élevage à Rodrigues. Les ministères concernés devaient financer mes recherches menant vers un Mphil. Mais la lettre de confirmation pour le sponsorship n?a jamais été reçue à l?université de Maurice. Lorsque j?ai constaté qu?il n?y avait aucune volonté de la part des autorités concernées d?aller de l?avant, j?ai dépensé énormément dans la documentation et pour des voyages auprès des institutions telles que le MSIRI et L?AREU. J?ai décidé de mettre fin à mon contrat pour exercer comme Enterprise developpment officer à l?IFAD et finalement comme enseignant d?agriculture au secondaire.
?<B>Vous avez eu de nombreux obstacles mais pourtant vous êtes arrivé à vos fins?</B>
Lorsque j?ai réalisé que la volonté n?existait pas au sein des autorités locales pour assurer le financement de mes recherches, j?ai décidé de compléter mon ouvrage (pas encore publié) sur la stratégie de sustainable development pour trois bassins versants de Rodrigues, notamment Pistache, Rivière-Banane, et Cascade-Victoire. Par la suite, j?ai fait des applications à travers le net, pour des études supérieures dans le domaine de l?élevage tropical. Ma candidature a été acceptée par plusieurs universités étrangères mais c?est au au-dessus de mes moyens. Ces cours coûtent entre Rs 400 000 à Rs 600 000. Un beau jour, j?ai vu un avis pour un MSC en élevage tropical. Je remercie mon employeur REDCO. Son manager m?a aidé à avoir un release afin que je puisse poursuivre mes études à l?université de Maurice.
?<B>Vous parlez des cours à Maurice, mais que faisiez-vous à Rodrigues ces deux derniers mois ? </B>
Comme mentionné plus haut, mon but est de développer un système d?élevage qui mènera vers une utilisation optimale de nos ressources locales, tout en visant la valorisation de tous les terrains non cultivés à Rodrigues, ce qui entraînera une augmentation des revenus chez les paysans. Etant donné que ce projet est étroitement lié à mes recherches menées dans le passé, j?ai décidé de mettre les bouchées doubles pour mettre en place un système d?alimentation pour les ovins, caprins et bovins,utilisant au maximum les ressources locales.
?<B>Mais quelle est la situation à Rodrigues ? </B>
En l?absence d?un système de vulgarisation, les éléveurs se débrouillent comme ils peuvent. Mais je dois vous dire que le taux de mortalité avant le sevrage pour cette année-ci est supérieur à 80% chez certains éleveurs. D?autre part, la condition physique est peut-être déplorable et l?incidence de parasites extrêmement élevée.
?<B>Quel avenir pour un tel secteur à Rodrigues ? </B>
Franchement si je dois dire entre le sida et le cancer je choisis la mort tout court. L?artisanat de Rodrigues est à genoux. Il en est de même pour la pêche,la production maraîchère et tant d?autres secteurs qui occupent les paysans et la population rodriguaise. C?est pourquoi je suis convaincu que des technologies appropriées pourraient faire des miracles à Rodrigues.
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