Publicité
Selven Naidu : tirer la réalité vers la fiction
Par
Partager cet article
Selven Naidu : tirer la réalité vers la fiction
Se battre avec les moyens du bord. “Il n’y a pas de vivier de réalisateurs à Maurice.” Selven Naidu, directeur de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) est de ceux qui jonglent avec les évidences. Manque de moyens, absence d’une culture de fabrication du cinéma, inexistence d’une industrie du film.
Mais en ce début d’année, les états d’âme ne sont pas de saison. Il s’agit de poursuivre les efforts entrepris. De se concentrer sur le deuxième fonds d’aide au développement du film. “Contrairement à la première fois où nous avions reçu 45 soumissions, seuls neufs dossiers nous sont parvenus cette année.” A la MFDC, les choix sont clairs. “Peut importe le nombre de soumissions, nous avions dès le départ décidé de n’en soutenir que 10. Avec le peu de candidatures, nous avons décidé de partir avec le loup.”
Les noms seront rendus public d’ici la deuxième semaine de janvier. Ce fonds d’aide offre la possibilité à ceux dont l’idée de court-métrage a été retenue, qu’il s’agisse de fiction ou de documentaire, de bénéficier d’une aide technique, d’ateliers d’écriture, de cadreurs et de matériel pour “transformer les synopsis en scénarii.”
Interrogé sur le bilan du premier fonds, Selven Naidu devait avouer “certains retards dans le bouclage des tournages.” La date limite était fixée au 31 janvier. Le premier à rendre sa copie : Thierry Chateau qui a proposé un documentaire sur Le Morne. Les autres aspirants réalisateurs soutenus par la MFDC sont Dominique Merven, Jivita Bunwaree et Nirveda Alleck. “Les films réalisés devraient être présentés d’ici fin février.”
En attendant, le directeur de la MFDC se dit satisfait d’être resté dans la ligné des objectifs de l’institution : “assister, motiver la production locale et les tournages étrangers.” Pour lui, le clou de l’année était Dil Jo Bhi Kahey, production signée Romesh Sharma, avec Amitabh Bachchan, et le fils du producteur Karan Sharma. “On sent que nous commençons à fidéliser les productions. Nous avons maintenu la barre des 100 équipes de tournage par an, tous genres confondus : cinéma, télé, documentaire.”
Autres tournages à avoir retenu l’attention de la MFDC : Bénarès de Barlen Pyamootoo, La Cathédrale de Harrikrisna Anenden et de sa femme, auteur de la nouvelle, Ananda Devi, ainsi que Bisanvil, court-métrage de David Constantin. “Sans oublier les 10 – 12 projets du fonds de soutien et l’adaptation de Ti Koulou en dessin animé par Pascal Siew et Henry Combes.”
Le contrat de Selven Naidu arrive à terme en avril. “Nous avons pris un bon départ. La difficulté c’est la croissance. Comme il y a très peu de réalisateurs, si nous enregistrons une bonne année – comme ce fut le cas en 2004 – les deux a trois autres à venir seront forcément creuses. Avant que Barlen Pyamootoo ne fasse un autre film, il s’écoulera facilement quatre à cinq ans. C’est pour cela que nous allons nous concentrer sur la formation des jeunes.”
Publicité
Publicité
Les plus récents