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Compte à rebours
Le compte à rebours a commencé. L?année 2005 est celle des élections générales. Les défis sont multiples. On demandera à nouveau à toute une population de faire preuve de discipline et de rigueur. Mais ce sont les projets de société que proposeront les principaux blocs politiques qui retiendront l?attention. Parviendront-ils à être à la hauteur ? Navin Ramgoolam a déjà annoncé des décisions radicales pour ses 100 premiers jours au gouvernement. Paul Bérenger nous a servi une formule qui n?a absolument rien de nouvelle. On reste, dans les deux cas, dans des situations d?effets d?annonce et il est peu probable que les choses changent. C?est donc dans la manière de procéder que les deux alliances vont essayer de s?illustrer.
C?est en effet en fonction de la façon qu?il gérera le temps qui lui reste en tant que Premier ministre, que Paul Bérenger démontrera ses talents de politique. Ce n?est pas étonnant, à ce titre, de voir qu?il préfère se la jouer en tant que Premier ministre, plutôt que comme leader du MMM. Le prestige et les prérogatives de cette fonction lui permettent de prendre un peu plus de hauteur dans sa stratégie d?opposition à Navin Ramgoolam. Hormis ses rituelles conférences de presse, Paul Bérenger n?occupe plus véritablement le terrain politique. L?homme de parti a cédé la place à l?homme de pouvoir. Il faudra s?attendre à ce qu?il maintienne ce positionnement le plus longtemps possible. C?est un pari à double tranchant. D?une part, ses partisans désespèrent de retrouver leur leader combatif. D?autre part, il peut espérer, grâce à une longue campagne, user son adversaire.
Cette deuxième man?uvre a fait ses preuves dans d?autres circonstances. Le chef de l?exécutif attend souvent le dernier moment avant de se jeter dans l?arène. Entre-temps, il laisse une opposition en état de campagne permanent. Quand on sait qu?elle est déjà en campagne ici depuis des mois et des mois, on ne prendra pas le pari qu?elle ne court aucun risque d?essoufflement. Se retrouvant seule sur le terrain, l?opposition a profité jusqu?ici d?une sorte d?état de grâce. Elle a eu tout le loisir de développer ses thèmes de campagne. Elle a aussi profité d?une situation qui n?est nullement favorable au gouvernement.Et la cote de popularité de l?opposition est ainsi allée crescendo.
Si elle a déjà atteint son paroxysme, alors l?opposition devra craindreune éventuelle perte de vitesse. Une fois que le bloc gouvernemental quadrillera l?espace électoral, l?avance que l?opposition pourrait avoir pris risque aussi de se réduire. C?est le pari que la majorité a pris, et le défi que l?opposition aura à relever.
Pour le pouvoir, le seul fait d?entrer en campagne créera une dynamique, mais ce ne sera pas suffisant pour garantir une victoire électorale. L?alliance majoritaire a déjà déçu. Elle n?a pas été à la hauteur de sa promesse d?une formule gagnante. En outre, elle a doublement déçu sur la question de l?éthique en politique. Mais là où elle risque le plus de calmer les ardeurs, c?est dans le choix de ses candidats, surtout dans le cas du MMM. Cette formation politique a évolué au fil des ans comme un parti qui ne devait que servir l?ambition d?un homme. La réalisation de cet objectif a fait plusieurs victimes. Aujourd?hui que Paul Bérenger est Premier ministre, on a pu voir à quel point le MMM est inexistant. Il n?y a pas un seul ministre mauve ou dirigeant de parti qui arrive à s?illustrer. Tout est cristallisé sur la personne de Paul Bérenger. C?est le choix d?une adhésion à sa personne, à son style que Paul Bérenger a fait. Un choix délicat. Parce qu?en face, il a un adversaire qui ne monopolise pas la parole du parti.
En fin de compte, c?est seulement leur capacité à vendre du vieux en le faisant passer pour du neuf qui servira un peu plus à infantiliser les électeurs.
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