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Bérenger crie bravo et l?opposition peint tout de noir

2 janvier 2005, 00:00

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Pour ne pas faillir à la tradition, le Premier ministre distribue des satisfecit à tour de bras, alors que l?opposition brosse un sombre tableau du social et de l?économie et demande la démission de Sam Lauthan. Ainsi se résument les derniers exercices de communication du chef du gouvernement et du principal parti de l?opposition.

Son dernier point de presse pour 2004, Paul Bérenger l?a animé, jeudi, en solo. Il l?aborde en se félicitant « du travail d?équipe formidable » réalisé lors de l?année écoulée par l?équipe minis-térielle et du « mood bien bon » qui s?est installé après la concrétisation de plusieurs projets, dont les cinq nouveaux hôtels.

Mais bien vite, le naturel revient au galop. Il fustige « l?indécence » et les « palabres » du leader de l?opposition par rapport à la conférence des Nations unies pour les peits Etats insulaires. Paul Bérenger accuse ensuite les travaillistes, par le biais d?Etienne Sinatambou, de « tentative de sabotage » pour avoir logé des objections devant le tribunal d?appel de l?Environnement contre 22 projets.

<B>Mises en garde</B>

« Nous ne resterons pas les bras croisés et nous apporterons les amendements qu?il faut. » Il lance ensuite des mises en garde, notamment à l?encontre des pêcheurs, pour qu?ils évitent de mettre en péril certains projets hôteliers à un moment où le gouvernement et les promoteurs dépensent énormément pour développer le tourisme qui est devenu un secteur clé.

Paul Bérenger dit sa fierté de voir que le gouvernement ira jusqu?au bout de son mandat et réaliserait «environ 90 % de son programme électoral ». Interrogé à la fin de son exposé, il avouera toutefois qu?il faudra vraisemblablement repasser pour ce qui est de la réforme électorale, du financement des partis politiques par l?Etat ou encore de l?utilisation des machines électroniques de vote.

« Li possib qui finalman pou renvoy pou apre 2005.» Il se garde cependant de préciser les raisons exactes de ces éventuels reports.

Alors qu?il est de notoriété publique que les deux principaux partenaires de l?alliance gouvernementale n?arrivent pas à se mettre d?accord sur la formule à adopter pour la représentation proportionnelle, que le secteur privé n?est pas chaud pour contribuer à une caisse commune pour le financement des partis politiques, et que le temps fait défaut en ce qui concerne l?introduction du vote électronique, il mélange tout et blâme l?opposition.

La langue de bois n?est cependant pas l?apanage du Premier ministre. Navin Ramgoolam nous en donne, lui aussi, un aperçu. Dans son message adressé à la presse par le biais de son directeur de communication, il soutient que « l?équipe du PTr et de l?Alliance sociale a approfondi son programme visant à créer des opportunités pour tous et à promouvoir la justice grâce aux mesures qui englobent l?économie, l?éducation, la formation, la santé, les services sociaux, la promotion des droits de la femme, la lutte contre la fraude et la corruption, l?épanouissement des jeunes, la promotion des nouvelles technologies, etc. »

Du verbiage. Puisque tout le monde sait que l?opposition s?est, à ce jour, contentée de critiquer, sans rien proposer en retour et que son programme se fait toujours attendre.

Pour son dernier point de presse de 2004, le Parti travailliste n?a pas fait mieux. Il s?est contenté, mercredi, de nous repasser les mêmes plats présentés par un nouveau cuistot, en modifiant légèrement la sauce.

En effet, le leader adjoint, Rashid Beebeejaun, est revenu sur les tribulations des prestataires de pension de vieillesse et les commentaires du directeur de l?Audit sur les repas fournis aux élèves fréquentant des écoles des zones d?éducation prioritaire. Deux thèmes commentés en long en large ces derniers mois.

Rashid Beebeejaun accuse le ministre de la Sécurité sociale « d?arrogance», de « foupamalisme » et « d?intolérance » et réclame sa démission. Rama Sithanen, qui s?est également adressé à la presse à cette occasion, revient lui sur les indicateurs économiques. Il les saupoudre d?une analyse de Raymond Barre, ancien Premier ministre français et économiste de renommée mondiale, faite dans le cadre d?une interview accordée à un journal français, pour qualifier le bilan gouvernemental de « catastrophique ».

Comme quoi un bilan peut être blanc ou noir, que vous soyez de la majorité gouvernementale ou de l?opposition.

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