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Complexe Circonflexe

1 janvier 2005, 00:00

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Le sourire diabolique taillé en biseau et le sourcil relevé en pointe, Jack Nicholson se pose dans le monde du cinéma, comme un monstre à l?exagération naturelle. Pas de demi-mesure, il joue pleinement ses rôles, quels qu?ils soient, l?excentrique Pr Buddy de Self Control ou Jack Torrance, l?écrivain possédé de Shining. Il se déchaîne dans les extrêmes comme dans la simplicité (l?étonnant About Smith).

S?il passe ainsi partout avec autant d?aisance dans tous les registres, c?est parce qu?il est une star, un acteur de trempe, né d?une bombe cinématographie sortie en 1969, Easy Rider.

Cheveux au vent sur son bolide à deux roues, le motard halluciné se savait déjà partir conquérir les étoiles d?Hollywood, qui jusque-là ne lui accordait que des rôles de moindre importance.

Le cinéma d?industrie et le cinéma indépendant lui font les yeux doux, lui se contente d?entretenir son regard de fou furieux mis en valeur par des sourcils en accent circonflexes et un sourire impertinent. On comprend pourquoi Tim Burton tenait tant à lui donner le rôle du Jocker dans son Batman.

Avec le temps, il affine ces traits caractéristiques, cette marque de fabrique qui fait qu?il est le même dans chacun de ses rôles tout en étant radicalement différent, toujours avec la même énergie. La nuance flamboyante de son jeu d?acteur se trouve là, dans ce paradoxe limite visite psychiatrique.

Il est fidèle envers les rôles qu?il interprète, à défaut de l?être envers les femmes de sa vie, il se vante d?avoir eu plus de 2000 conquêtes au cours de sa vie, dont Angelica Huston, Lara Flynn Boyle. Ce grand charmeur est un coureur de jeunes jupons, ne s?en cache pas, en plaisante et joue même ce rôle (Tout peut arriver). Ce qui lui est arrivé à lui, c?est une blessure. Celle de découvrir un beau jour que sa s?ur était sa mère et sa mère sa grand-mère.

Le phénomène planétaire Jack acteur, réalisateur, producteur, né John Nicholson à Neptune dans le New Jersey en 1937 commençait tout juste une carrière au cinéma qui serait avec le temps de plus en plus étincelante. Après Easy Rider, il se voit confier le rôle de personnages complexes et extravagants, cultes et enchaîne les tournages avec les plus grands réalisateurs : Minnelli, Polanski, Antonioni, Arthur Penn, Kubrick ou encore Forman, dans Vol au-dessus d?un nid de coucou, où il joue

McMurphy, un dangereux criminel qui, pour échapper à la prison, se fait passer pour un fou et entre dans un asile psychiatrique. Son interprétation lui vaudra le premier des trois Oscars qui couronneront sa riche carrière.

Rapidement, il devient une star, un talent brut que tous veulent tailler à leur guise. Kubrick en fera un écrivain possédé dans Shining, Rob Rafelson en fera un marginal cinglé dans Le Facteur sonne toujours deux fois, Sean Penn lui donnera le rôle d?un père cherchant à venger la mort de sa fille dans Crossing Guard, James L. Brooks, un maniaco-acario-paranoïaque dans la comédie Pour le Pire et Pour le meilleur. Dans Self Control, il est encore un de ces personnages excentriques qui lui collent si bien à la peau. Le film n?est pas si bon mais la prestation déchaînée de Nicholson vaut le détour.

Comme toujours.

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