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Le cyclone Claudette joue aux trouble-fête
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Le cyclone Claudette joue aux trouble-fête
Depuis le 12 décembre 1979, les services météorologiques australiens observent une perturbation tropicale. Elle s’intensifie, au point de devenir une dépression et de recevoir le nom de “Viola”. Elle se déplace à 10 milles (16 km) à l’heure en direction de l’ouest-sud-ouest. Le 19 décembre, elle franchit la latitude 85° Est et entre, de ce fait, dans la zone de responsabilité de la météo de Vacoas. Elle devient aussi un cyclone intense qui reçoit le nom Claudette. Il accélère sa marche pour atteindre une vitesse de 18 milles (28,8 km) à l’heure. Tôt le 21 décembre, il réduit sa vitesse à 12 milles (19,2 km) à l’heure.
Il prend alors une direction se situant entre l’ouest-sud-ouest et le sud-ouest. Le 22, il est à 60 milles (96 km) au sud de Saint-Brandon. Les plus fortes rafales enregistrées sont alors de 73 milles (116,8 km) à l’heure. Il se dirige ensuite droit sur Maurice, en prenant une direction du sud-sud-ouest. Sa vitesse est de 16 km à l’heure. Il ralentit encore sa course et réduit sa vitesse à 7 milles (11,2 km) à l’heure.
Le 23 décembre, vers une heure, le centre de Claudette touche les côtes mauriciennes. Le temps se détériore d’heure en heure. Plaisance se met à enregistrer des rafales atteignant 138 milles (220,8 km) à l’heure et Vacoas d’autres de 110 milles (176 km) à l’heure. Le diamètre de l’oeil de Claudette mesure, selon le radar du Trou aux Cerfs, environ 15 kilomètres. Il ne fait plus de doute à aucun observateur : le diamètre sera petit mais le cyclone intense. Certains osent même le comparer à Gervaise du 6 février 1975.
Yves Valaydon, directeur de la Météo de Vacoas, confie à l’express ses appréhensions concernant la masse nuageuse conséquente accompagnant Claudette. Il prévoit les risques de graves inondations localisées. Comment prévenir les habitants concernés de s’éloigner des zones à risques tout en conseillant à tous de ne pas sortir de chez eux en raison des conditions cycloniques existantes. Quelqu’un lui demande même par téléphone ce qu’il doit faire car au moment où il appelle, il est assis sur une table au milieu d’une maison en partie submergée.
Entre une heure et cinq heures du matin en ce dimanche 23 décembre 1979, Claudette passe sur Maurice, sur une trajectoire le menant de l’île d’Ambre à Souillac. Pour la première fois, le radar du Trou aux Cerfs peut suivre le passage d’un cyclone sur l’île.
Claudette est, en fait, le quatrième cyclone à entrer dans le champ de vision du radar du Trou aux Cerfs. Ce cyclone est précédé de Fleur (1977) qui effleure Maurice, de Benjamine (1978) et de Céline (1979). Compte tenu du petit diamètre de Claudette, le répit enregistré lors du passage de son centre est de courte durée et encore moins perceptible qu’il a lieu en pleine nuit. En revanche, les côtes ouest et est de l’île souffrent davantage du passage du cyclone sur Maurice en raison de l’anneau des vents plus violents entourant son oeil.
Il est difficile de ne pas se livrer au jeu des comparaisons entre Claudette et Gervaise, que moins de cinq ans séparent. Des ressemblances se situent surtout au niveau des trajectoires et des vents. Ces derniers, par exemple, sont plus violents à Plaisance en 1979 (plus forte rafale : 220 km/h) qu’en 1975 (203 km/h).
A Vacoas, en revanche, Gervaise (plus forte rafale : 188 km/h) est plus violent que Claudette (176 km/h). La pression atmosphérique minimale de Gervaise est de 951 millibars contre 966 millibars pour Claudette. Tout en espérant que Claudette passerait à une centaine de kilomètres des côtes mauriciennes, la météo n’a pris aucun risque et met en vigueur l’avertissement de classe III dès le samedi 22 décembre, 13 heures. La météo doit multiplier les appels de précautions à prendre en tenant compte que la population est moins attentive à ses appels en raison des préparatifs de la célébration de la fête de Noël et de la traditionnelle messe de minuit.
La classe IV, signalant l’existence de conditions cycloniques, se situe le 22 décembre, à 22 heures. Douze heures après, la météo de Vacoas peut enlever l’avertissement de classe IV. Les Mauriciens ont eu une nuit d’angoisse en guise de cadeau de Noël. Son déballage se révèlera plus désastreux que prévu.
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