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ARSENAL-CHELSEA L?Angleterre va savoir !
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ARSENAL-CHELSEA L?Angleterre va savoir !
Nous y voilà. C?est ce soir, à partir de 20 h 05, heure de Maurice, dans un stade d?Highbury qui ne manquera certainement pas de retenir son souffle, que le championnat d?Angleterre de football vivra son premier et peut-être, qui sait, ultime tournant de la saison.
Arsenal, champion en titre et considéré par tous, jusqu?à tout récemment, comme le favori incontestable et incontesté pour un nouveau triomphe, reçoit Chelsea, son encombrant rival londonien. Ce dernier, à la surprise générale et sans prévenir, s?est installé confortablement dans le fauteuil de leader.
Les comptes, en tout cas, sont bons. Au soir de la 16e journée, le week-end dernier, les Blues du Portugais Jose Mourinho comptaient cinq points d?avance sur les Gunners du Français Arsène Wenger.
Autant le dire tout suite : à défaut de plier pour de bon un championnat qui nous a habitués dans le passé, à des renversements inédits, une victoire de Chelsea, ce soir, sur la pelouse d?Arsenal, lui permettrait de prendre une première sérieuse option sur un titre qui le fuit depuis 1955.
A l?inverse, une victoire d?Arsenal ramènerait les Gunners plus vite que prévu à distance respectable de la tête, c?est-à-dire deux points, et nous permettrait de vivre une fin de saison indécise et palpitante.
Chelsea, solide leader de la Premier League, le scénario n?était franchement pas prévu. Certes, l?arrivée de Jose Mourinho, véritable faiseur de miracles qui avait réussi l?exploit, la saison dernière, de mener Porto sur le toit de l?Europe, était une indication. Une indication que le club du milliardaire russe Roman Abramovich avait l?intention dès cette année d?élever son niveau de jeu, de passer aux choses sérieuses. Un recrutement crédible et rigoureux qui a vu débarquer à Stamford Bridge des valeurs sûres du football comme Petr Cech, Didier Drogba, Tiago, Mateja Kezman et Arjen Robben n?a d?ailleurs fait que confirmer cette impression.
Mais personne, pas même les plus crédibles chroniqueurs de BBC Sport, n?avait prévu que la passation de pouvoir se dessinerait dès le premier tiers de la saison. A l?entame, Chelsea avait en effet paru émoussé aux yeux de tous. Supérieur à la plupart de ses adversaires, certes, mais laborieux dans le jeu, et se contentant souvent, trop souvent, de l?essentiel.
A l?inverse, l?invincible armada d?Arsenal se promenait avec insolence sur les terrains de la Premier League, enchaînant les victoires, les unes plus éblouissantes que les autres. L?efficacité des Gunners était telle qu?aucun doute n?était permis sur leurs chances de se succéder à eux-mêmes. La vraie question était de savoir où et quand Arsenal trébucherait pour la première fois après être resté invaincu pendant plus d?une saison, un record.
Novembre noir
Mais un mois de novembre particulièrement déstrastreux plongea le mythique club londonien dans le doute, au grand désespoir du gagneur né qu?est Arsène Wenger. Dans leur quête du Graal absolu, à savoir un cinquantième match sans défaite, les Gunners cédèrent pour la première fois, le 28 octobre, sur la pelouse de leur ennemi juré, Manchester United, 0-2.
Cette défaite, c?était écrit, allait déclencher un début de malaise du côté d?Highbury. Et Arsenal, étonnamment, s?empêtra dans les mauvais résultats, que ce soit sur la scène européenne ou dans la Blonde Albion. Une élimination prématurée en Coupe de la Ligue face, une nouvelle fois, à Manchester United, 1-0, n?arrangea pas les choses, loin de là, avant que Liverpool, le 27 novembre, à Anfield, n?enfonca davantage le clou dans la blessure déjà profonde des Gunners, sous la forme d?une victoire arrachée dans les arrêts de jeu grâce à l?impertinent Neil Mellor, 2-1.
Pendant ce temps, Chelsea haussait sans scrupule la cadence, prenant au passage la bonne habitude de passer un minimum de quatre buts, excusez du peu, à la plupart de ses adversaires locaux. West Bromwich Albion (4-1), Fulham (4-1), Charlton (4-0) et plus récemment Newcastle (4-0) ont ainsi tous été invités à aller se rhabiller au quart de tour.
Cette folle ascension permet aujourd?hui aux Blues de comptabiliser cinq points d?avance sur Arsenal. Et la défaite européenne de mardi, à Porto, ne saurait, à notre humble avis, consommer l?enthousiasme offensive d?une équipe bien décidée à marquer l?histoire.
Arsenal, pour sa part, commence à retrouver le sourire. Un succès inspiré contre Birmingham City samedi, 3-0, puis une promenade de santé à Rosenborg mardi, 5-1, a relancé des Gunners plus que jamais déterminés à faire rentrer dans les rangs son voisin encombrant.
Si Chelsea a les moyens de gagner ce match, les Blues devront pourtant renverser une drôle de tendance. Depuis septembre 1995 et un succès étriqué à Stamford Brigde, ils n?ont plus battu Arsenal en championnat. Ça fait quand même un bail?
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