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Allaoui : « Les elections auront bien lieu »

12 décembre 2004, 00:00

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Le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, déclare dans une interview parue dans Le Temps de Genève, que les élections générales, prévues en principe le 30 janvier 2005 en Irak, pourraient se dérouler sur deux ou trois semaines afin de permettre à tous les électeurs du pays de voter dans des conditions de sécurité maximales. Il n?en maintient pas moins l?échéance du 30 janvier pour le début des élections, malgré la poursuite des violences, notamment contre les forces de sécurité irakiennes. « Mais on peut imaginer, je crois, des élections qui s?étaleraient sur 15 ou 20 jours, à des dates différentes selon les provinces. Cela permettrait de mettre en place des mesures de sécurité adéquates », explique-t-il au journal.

<B>Des travaux de reconstruction déjà en cours</B>

La commission électorale indépendante du pays, chargée d?organiser le scrutin et seule habilitée à en étaler le déroulement, n?a fait aucun commentaire pour le moment sur l?idée avancée par le Premier ministre transitoire. Celui-ci a avancé cette suggestion en réponse à une question posée sur des propos du représentant spécial de l?ONU en Irak, Lakhdar Brahimi, qui avait jugé difficile d?aller aux urnes si les violences se poursuivaient.

« La date du 30 est arrêtée. Des gens peuvent avoir une opinion, mais les élections auront bien lieu », martèle Allaoui, qui affirme que, après tout, le calme règne dans une quinzaine des 18 provinces d?Irak. Il note en outre que dans beaucoup de zones où se sont produits des troubles dans le passé, comme le quartier chiite d?Al-Sadr à Bagdad ou la ville sainte de Nadjaf, des travaux de reconstruction sont déjà en cours.

M. Allaoui a réaffirmé que le scrutin sera libre et équitable et que des observateurs étrangers seraient admis à tous les stades du processus électoral.

De son côté, le président américain George W. Bush s?est montré inébranlable dans sa volonté de maintenir les élections en Irak à la date prévue du 30 janvier. « Les élections auront lieu comme prévu », a déclaré M. Bush lors d?un discours sur la base militaire de Camp Pendleton (Californie).

Parallèlement, malgré l?instabilité de l?Irak, deux partis sunnites irakiens ont annoncé leur participation aux élections générales prévues le 30 janvier si leur demande de report du scrutin était rejetée. Le Parti islamique, la plus importante formation sunnite, a fait savoir que sa liste de candidats serait prête avant vendredi, date de clôture des candidatures. « Si Dieu le veut, nous allons déposer notre liste avant le 10 décembre », a affirmé Fouad Al-Raoui, membre du bureau politique de cette formation. « C?est vrai que nous souhaitons un report du scrutin de six mois à cause de l?instabilité qui règne dans le pays, mais s?il n?y pas de décision de report, nous déposerons notre liste et nous participerons aux élections », a-t-il dit.

<B>« Solidaires de votre lutte contre le terrorisme »</B>

Par ailleurs, le Parti national démocrate (PND), de l?ex-membre sunnite du Conseil de gouvernement, Nassir Chaderchi, a lui aussi décidé de participer au scrutin en cas de non-report du scrutin. Alors qu?on s?achemine donc vers des élections générales fin janvier en Irak, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré, mardi, qu?il « n?imaginait pas comment on pouvait organiser des élections dans des conditions d?occupation totale » de l?Irak « par des troupes étrangères », en recevant au Kremlin Iyad Allaoui.

« Sincèrement, je n?arrive pas à imaginer comment on peut organiser des élections dans les conditions d?occupation totale du pays par des troupes étrangères. Je ne me représente pas non plus comment vous pourrez, tout seul, rétablir la situation dans le pays et empêcher sa désintégration », a déclaré le président russe.

Il a rappelé que la Russie avait soutenu la résolution 1546 du Conseil de sécurité de l?ONU sur l?organisation des élections en Irak le 30 janvier.

« Nous sommes prêts à soutenir vos efforts qui visent à stabiliser la situation dans le pays. Nous observons avec une grande inquiétude les processus difficiles dans un pays avec lequel nous avons été liés de longue date par des relations amicales », a-t-il estimé. « Nous sommes solidaires de votre lutte contre le terrorisme et nous comprenons qu?il y a en Irak des processus qui dépassent le cadre de ce problème. »

Ces élections sont également importantes pour les Américains. Le général John Abizaid, chef du commandement central américain (Centcom), a indiqué que les forces américaines en Irak pourraient, après les élections de janvier, être moins impliquées dans les opérations de combat pour se consacrer à la formation de l?armée irakienne.

Dans un entretien publié par le Washington Post, le général Abizaid souligne que ce changement de stratégie allait dépendre de l?issue des élections générales. « Si les circonstances sont telles que, comme en Afghanistan, le processus politique entraîne une amélioration de la sécurité (...) et si les forces de sécurité irakiennes commencent à monter en puissance et à se déployer dans les régions importantes (...) nous pourrons alors envisager de restructurer nos forces », précise le général.

Il remarque cependant qu?à l?heure actuelle, les troupes irakiennes « ne sont pas aussi prêtes qu?il le faudrait ».

Le général Abizaid s?est par ailleurs déclaré préoccupé par l?importance de l?insurrection dans des villes comme Mossoul (Nord), où des baasistes (de l?ex-parti Baas de Saddam Hussein) coopèrent avec des membres du groupe de l?islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, lié à Al-Qaida. Le général juge cependant « encourageant » le fait que, « en dépit de la forte intimidation, de nombreuses personnes, au sein de la communauté sunnite, prennent position sur les plans politique comme militaire, pour jouer un rôle dans l?avenir de leur pays ».

<B>2004 Le Monde ? Avec AFP et Reuters Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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