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Un policier négocie un faux chèque de BBRH

29 novembre 2004, 00:00

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Fin novembre 1979, commence l’affaire du faux chèque de BB-RH. Elle sera fatale au maire S. Ameerally. A la succursale rosehillienne de la MCB en ce 27 novembre, un homme, d’allure respectable et policier de surcroît, se présente au guichet. Il est porteur d’un chèque municipal, tiré à l’ordre d’un contracteur. Le montant de Rs 579 830 fait sourciller le caissier. Il dépasse le découvert autorisé. Le commis-payeur prétexte la nécessité d’un aval supérieur et met au parfum sa hiérarchie. Elle se rend compte de la falsification de la signature du trésorier municipal. Voilà notre policier à découvert. Il n’y a plus qu’à prier des policiers plus recommandables de venir cueillir leur collègue.

Autre tentative d’appropriation, mieux réussie mais tout autant malhonnête, au dire du patronat et du secteur privé : la nationalisation de la manutention portuaire à travers un comité parlementaire, au sein duquel le MMM surenchérit les velléités anticapitalistes des faucons du PTr. Majorité et opposition s’entendent comme larrons en foire pour nationaliser un port par nature nationalisé et déjà sous la coupe de l’Etat par le biais de la Marine Authority. Comme celle-ci est incapable de le faire fonctionner normalement (les sacs de sucre engorgent les docks), il faudra la rebaptiser Port Authority et lui adjoindre un autre corps para-étatique, la Cargo Handling Corporation. Les membres du comité restreint, à savoir MM. Kher Jagatsingh, président, Bérenger, Kader Bhayat, Bizlall, J.B. David, P. Doongoor, Sylvio Michel (le secteur privé n’avait aucune chance), en font une question de sécurité nationale. Le ridicule n’ayant jamais tué un Mauricien, le comité parlementaire note que les relations industrielles ont profondément affecté l’économie et recommande que les opérations portuaires soient sous le contrôle du secteur public. Sans le vrac, on laisse le secteur privé se dépatouiller comme il peut. Le vrac installé, on le remercie.

Chant du cygne et du Cernéen du patronat portuaire. il s’étonne de la mise au rancart des rapports Scruttons et de l’UNCTAD. Il y est pourtant stipulé ceci : “We submit that the private sector alone possesses the necessary flexibility, managerial experience and port operating experts required in order to effectively manage and operate all cargo handling operation on behalf of the MMA.” Il dénonce les recommandations de nature plus idéologique qu’économique. Rien n’y fera. Nos idéologues lui trouvent de la gale. Il sera noyé. Le voilà en rade. Et même dans une mauvaise passe. Coulé ! Le Fair Trading Bill est examiné dans l’indifférence générale alors qu’il intéresse près d’un million de consommateurs. L’opposition dénonce en vain les failles du projet de loi. Il s’agit de donner davantage de pouvoir à la Profiteering Court. A quoi sert de voter des lois si l’exécutif ne les met pas à exécution, observe sagement Jugnauth. A juste titre, De l’Estrac remarque que la protection des consommateurs ne se résume pas au contrôle et à la fixation des prix. Le projet de loi ignore les associations des consommateurs, dont l’ACIM, fondée, entre autres, par notre orateur. Si on l’oublie, il ne faut pas s’étonner du silence assourdissant sur les fruits couverts de pesticide, sur les aliments irradiés, sur les produits interdits à l’étranger et en vente libre à Maurice, sur les préservatifs cancérigènes, sur l’eau minérale contenant trop de fluor, l’étiquetage insuffisant ou illisible, la publicité abusive ou mensongère. Que dire d’un inspectorat des prix déjà squelettique, sinon inexistant ? Le consommateur devra attendre le prochain gouvernement s’il veut être dûment protégé. Faut-il encore ne pas prendre des messies politiques pour des lanternes protectrices.

Il est aussi question de grève perlée dans l’hôtellerie à partir du 24 décembre (le cadeau de Noël de la HREU), d’un terrain refusé à Technoconstruction à GRNO en raison d’un vague désir politique d’y construire une piscine (il y aurait aujourd’hui prescription ou presque), d’une collision d’autobus à la Montée des Hussards voisine, des municipales fixées au 14 avril 1980 et de Jugnauth contestant, à bon escient, la démission en bloc des conseillers municipaux du MMM (il compte pour si peu), du whisky J. Walker (Red Label) à Rs 128 (dévaluation meillère ki dépréciation !), de la sortie d’un 33 tours sur le séga patronné par la… Croix Rouge, et du rond-point de Phoenix aménagé par la DWC pour Rs 2 millions.

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