Publicité
Une réforme du mode de gestion des projets s?impose
Par
Partager cet article
Une réforme du mode de gestion des projets s?impose
Le rapport du directeur de l?audit déposé la semaine dernière est venu, une fois de plus, relever les failles et dysfonctionnements des divers ministères et autres départements. En quoi le rapport de cette année est-il différent de celui des années précédentes ? Il y a toujours le même rappel par rapport au gaspillage et à la mauvaise gestion des divers projets de l?État, surtout ceux concernant les projets de développement. Quelles sont les raisons de ces failles, et comment y remédier ?
Il faut savoir que le ministère des Infrastructures publiques est responsable de la gestion des projets de tous les ministères et départements. Or, il ne dispose pas de personnel adéquat pour gérer efficacement tous ces projets. C?est là où le bât blesse. « Il faut arrêter une fois pour toutes cette dépendance. C?est une centralisation qui nous tue », avance un ancien responsable d?un important ministère. Les différentes instances dont les projets sont gérés par le ministère des Infrastructures publiques estiment que ce dernier n?est pas suffisamment équipé pour faire face à l?envergure de certains projets qui nécessitent une expertise qualifiée et pointue.
Un encadrement pré-colonial
Est-ce la seule responsabilité de ce ministère devant tant de récriminations ? Le directeur de l?audit a, une fois de plus, souligné cette situation lamentable qui perdure et qui a une influence néfaste sur la situation financière du pays. Pour certains responsables publics, c?est le résultat de facteurs combinés. « Je peux vous donner au moins cinq raisons : d?abord la mauvaise gestion, puis le désengagement du personnel concerné, l?ingérence politique, l?incompétence à plusieurs niveaux, et enfin une bureaucratie centralisée. On travaille avec un encadrement pré-colonial qui n?a pas évolué depuis », déclare Kadress Pillay, ancien directeur de l?audit.
Si certains notent qu?il y a une absence remarquée de leadership au plus haut échelon de la gestion des ministères, ils trouvent qu?une remise en cause totale du système s?impose. Il faut réinventer une nouvelle culture de gestion dans la fonction publique.
La formation des cadres s?avère indispensable
Il faut donc trouver des solutions drastiques qui permettraient de freiner le gaspillage des fonds publics à cause des faiblesses inhérentes au système. « La formation est indispensable. Il faut promouvoir les méritants et leur donner l?autorité nécessaire pour qu?ils fassent leur travail. D?autre part, il est impératif que les critères de bonne gouvernance et le concept de risk management soient appliqués. En d?autres mots, il faut saborder un système complètement dépassé pour introduire un management moderne », avance l?ancien directeur de l?audit.
Des décisions s?imposent. La nécessité de moderniser les structures chargées de gérer les projets est vivement souhaitée par tous les responsables des ministères. Certains avancent la nécessité de créer un Project Management Unit dans chaque ministère pour faire avancer les projets rapidement. Le project manager aurait alors toute autorité. Le MPI agirait comme un project consulting ministry.
Par conséquent, une gestion rigoureuse s?impose. « Chaque année, on lit les mêmes critiques et observations sur tous les gouvernements en place et il me semble que le directeur de l?audit prêche dans le désert », déclare un ex-ingénieur de la fonction publique.
Le directeur de l?audit n?a pas le pouvoir de sanction mais il devrait pouvoir en appeler directement au Parlement si les ministères et autres départements ne se conforment pas aux réglements financiers. « La gestion financière au niveau des ministères doit être revue. Est-ce que les comptables répondent aux exigences de la gestion financière de leur département ? », s?interroge Kadress Pillay.
Publicité
Publicité
Les plus récents