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Accidents domestiques : La spirale infernale !

27 novembre 2004, 20:00

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Depuis le début des vacances scolaires, le nombre d?enfants victimes de chutes, de fractures et de coupures est en hausse. Et à l?hôpital, les petits patients affluent aux urgences. « Le nombre d?accidents domestiques a sensiblement augmenté. En une semaine, nous avons enregistré trois cas de chutes », affirme un infirmier de l?hôpital de Rose-Belle.

Un accident est vite arrivé, et parfois il peut s?avérer fatal. En effet, les risques de noyade, d?incendie ou d?électrocution guettent les enfants laissés sans surveillance parentale. Pour mémoire, à la mi-septembre, Jason, deux ans, meurt brûlé dans sa maison à Plaisance. Toujours en septembre, Aftab 18 mois, se noie dans un canal d?irrigation à Terre-Rouge.

Le fruit de la pure négligence

En octobre, Swapna, deux ans et demi connaît une même fin dans un seau d?eau à Calebasses. Quelques semaines plus tard, un autre enfant de trois ans se noie dans un bassin à poissons à Baie-du-Tombeau. À la mi-novembre, la petite Sneha, âgée de sept mois, meurt carbonisée dans son berceau?

Cette situation ne laisse pas Shirin Aumeeruddy-Cziffra, l?Ombudsperson pour les enfants, insensible. Cette dernière a récemment soulevé la question avec Arianne Navarre-Marie, laministre de la Femme. « Ces cas ne sont que le sommet de l?iceberg? On ne peut plus rester insensible à cette situation. L?attitude générale quand un tel accident se produit, c?est de blâmer la fatalité. Or, il est grand temps de mettre un terme ou de diminuer ces accidents? »

Certains d?entre eux sont certes imprévisibles, et il est difficile de situer les responsabilités quand l?enquête policière est en cours, affirme Alain Muneean, de l?association Terre de Paix. « Élever un enfant n?est pas une sinécure. C?est la raison pour laquelle il faut bien comprendre que les accidents sont parfois inévitables, et que cela peut arriver au parent le plus attentionné du monde. »

Mais beaucoup de drames sont provoqués par pure négligence. Et cette négligence est alors synonyme de violence, affirme Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui compte mettre l?accent sur cet aspect pendant la campagne contre la violence sur les enfants. « Prenons le cas de ce petit qui s?est noyé dans un bassin de poissons. Ce n?est pas normal de laisser un enfant sans surveillance dans un environnement qui pose un problème de sécurité. Il y a des mesures simples à prendre pour éviter le drame. »

Elle cite comme exemple le cas d?une de ses cousines, qui serait morte noyée dans le canal qui traverse la cour familiale, n?était-ce l?intervention d?un jardinier. « Les parents ont tout de suite pris les dispositions nécessaires pour clôturer le canal. Je pense que pour tous ces cas-là, il est temps que les autorités aient une politique claire en ce qui concerne ce type de cours d?eau. »

Mieux éduquer les parents

Pour quelles raisons ces accidents se produisent-ils ? « Beaucoup de parents ne sont pas suffisamment informés sur les dangers qui guettent leur progéniture. Ils les négligent sans s?en rendre compte. » Souvent aussi, ces drames sont le résultat d?une situation où les parents vivent dans un environnement précaire. « Il y a malheureusement ceux qui ne peuvent offrir le meilleur environnement à leurs enfants. Ils vivent dans des maisons délabrées, la cour est mal entretenue et comporte d?innombrables dangers pour les petits », souligne Alain Muneean. Ici, on ne peut pas s?empêcher de penser à ce garçon du Morne qui s?était noyé en mai 2003? dans un puits d?absorption non recouvert.

De plus, ce sont souvent les familles les plus démunies qui font beaucoup d?enfants. Résultat : comme seuls les parents peuvent s?en occuper, ne pouvant se payer le luxe de louer les services d?une nounou, le temps leur manque. Le travailleur social Cadress Runghen souligne qu?il faut redoubler de vigilance, maintenant que les enfants sont en vacances. « Pour les fêtes de fin d?année, de nombreux gamins se brûlent avec des pétards car ils sont laissés sans supervision. N?oublions pas aussi les sorties en mer, où les enfants barbotent dans l?eau sans la surveillance d?un adulte. »

La violence domestique a également des répercussions sur les enfants. « Comment voulez-vous qu?une femme qui est détruite psychologiquement puisse s?occuper convenablement de ses gosses ? » demande l?Ombudsperson pour les enfants.

Comment faire diminuer les accidents domestiques ? Tout d?abord, il est nécessaire de faire une éducation parentale soutenue et de qualité, dispensée par des personnes compétentes. Les médecins qui siègent au comité interministériel sur la négligence des enfants, ont, quant à eux, mis l?accent sur la médecine préventive.

Au nombre des mesures à prendre, il est impératif de renouveler la politique de planning familial. « Il faut donner des cours aux jeunes et aux femmes qui vont se marier, expliquer aux couples ce que cela implique d?avoir un enfant. Je suis peinée de voir que malgré les efforts de la MFPA, les femmes pauvres continuent à avoir beaucoup d?enfants. La procréation ne peut pas être laissée au hasard. »

Cadress Runghen propose plusieurs solutions. Pour lui, les ONG et les autorités concernées doivent organiser des campagnes de sensibilisation ponctuelles pour informer la population. « Il faut encourager les enseignants à parler aux enfants des dangers qui les guettent, dès qu?ils sont en âge de comprendre. La MBC pourrait produire des émissions à cet effet. » De plus, les parents qui travaillent pourraient opter pour le flexi-time pour mieux s?occuper de leurs rejetons.

« Dans certaines régions, les parents se sont relayés pour s?occuper, à tour de rôle, des enfants d?un quartier. »

Les jeunes qui sont actuellement en vacances peuvent également mettre la main à la pâte, si les autorités les encouragent à le faire. « La plupart du temps ils n?ont rien à faire et on pourrait donc leur demander d?organiser des activités pour les petits du quartier. »

Les accidents domestiques sont une réalité et il faut, certes, tout faire pour les prévenir. Il y va de l?avenir des enfants comme pour les consommateurs.

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