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Le temps du doute
La perte de popularité progressive du gouvernement est un constat auquel étaient arrivés, depuis quelques semaines déjà, ceux qui voulaient bien prêter l?oreille. Cette défaveur était suffisamment forte pour être perceptible. Elle est d?autant moins inattendue que, d?une part, le trimestre a été avare en bonnes nouvelles et que, d?autre part, c?est là un signe de fin de mandat.
Avec des nuages impromptus sur le tourisme par la faute d?une mauvaise gestion, un BOI en dessous des attentes, une croissance revue à la baisse, 53 % d?hommes d?affaires pessimistes, le prix de l?essence qui a atteint un pic, le gouvernement avait de quoi prendre du plomb dans l?aile. Il a, lui-même, ajouté au sentiment d?incertitude en communiquant mal sur la réforme des pensions et celle des institutions financières. Enfin, les affaires Radhakissoon et Chady auront illustré un bien mince attachement à la démocratie.
Au-delà des catastrophes, c?est l?usure qui menace le gouvernement. Le désir de changement, « normal » à ce stade du mandat, s?exprime. On voit bien que c?est l?équipe gouvernementale qui lasse puisque l?optimisme de la population n?a pas dégringolé ? bien au contraire ? et que le bilan gouvernemental, lui, est toujours apprécié. La population veut autre chose, mais n?est pas sûre que ce qui est offert comme alternative soit bon. Alors elle campe et attend. À moins que ce ne soit les effets pervers de la campagne de dénigrement menée après le précédent sondage, ce pourrait être là l?explication de ce chiffre anormalement élevé de ceux qui ne se prononcent pas, 36 %.
De cet état d?attentisme, que peut-il jaillir ? Nous entrons en période de séduction intensive, et pour gagner cette masse qui ne demande qu?à l?être, l?opposition ne peut que tirer le plus grand bénéfice possible du mécontentement. C?est sa seule arme. Or, les indicateurs montrent qu?elle ne s?en sert pas de la manière la plus optimale qui soit. La baisse du gouvernement ne lui a pas profité. Le gouvernement, de son côté, dispose de moyens de séduction beaucoup plus efficaces et ne se gênera pas pour s?en servir et convertir en sa faveur l?environnement. Sous cette double impulsion, les deux courbes ne devraient que remonter. Si les travaillistes fournissent plus d?efforts que leur adversaire, il y a des chances qu?elles se croisent.
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