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Le Parrain

13 novembre 2004, 00:00

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Depuis sa sortie en 1972, Le Parrain réalisé par Francis Ford Coppola, n?a pas pris une ride. Marlon Brando, Al Pacino, Robert Duvall plongent dans l?univers dangereux, torturé mais, ô combien fascinant, de la pègre italienne à New York. Il filme surtout le déclin tragique d?une communauté cupide et avide de succès. Le film sera récompensé aux Oscars en 1973.

En 1945, à New York, les Corleone sont une des cinq familles de la mafia. Don Vito Corleone, ?parrain? de cette famille, marie sa fille à un bookmaker. Sollozzo, ? parrain ? de la famille Tattaglia, propose à Don Vito une association dans le trafic de drogue, mais celui-ci refuse. Sonny, un de ses fils, y est quant à lui favorable.

Afin de traiter avec Sonny, Sollozzo tente de faire tuer Don Vito, mais celui-ci en réchappe. Michael, le frère cadet de Sonny, recherche alors les commanditaires de l?attentat et tue Sollozzo et le chef de la police, en représailles. Michael part alors en Sicile, où il épouse Apollonia, mais celle-ci est assassinée à sa place. De retour à New York, Michael épouse Kay Adams et se prépare à devenir le successeur de son père...

Francis Ford Coppola décrit ainsi ce film culte : ?J?ai toujours pensé Le Parrain comme l?histoire d?un roi et de ses trois fils. Le plus âgé a reçu la passion et l?agressivité, le deuxième, sa douceur et ses gestes enfantins ; et le troisième, sa ruse et son calme. C?était dans mon intention de faire un film authentique sur des gangsters italiens, sur comment ils vivaient, comment ils se comportaient, la façon dont ils traitaient leurs familles, célébraient leurs rituels.?

Le producteur Albert S. Ruddy, Francis Ford Coppola et ont décidé d?orienter leur casting vers des acteurs au look ? authentique ?, tels que James Caan ou Talia Shire. Ruddy et Coppola ont tenu à imposer Marlon Brando dans le rôle de Don Vito Corleone, après avoir envisagé Laurence Olivier, et malgré les réticences de la Paramount : en fait, pour la première fois, l?acteur a accepté de faire des essais, grimé comme pour son rôle dans le film, notamment avec du coton dans les joues, afin de paraître ?comme un Bulldog?, selon ses propres dires.

Le choix du personnage de Michael Corleone a été plus difficile : de nombreuses stars ont été envisagées, telles que Warren Beatty, Jack Nicholson, Dustin Hoffman, Robert Redford ou Ryan O?Neal avant que le rôle ne revienne à Al Pacino, acteur de théâtre jusqu?ici inconnu.

Le Parrain a été le premier film à dépasser la barre des 100 millions de dollars au box-office américain, totalisant $ 133 millions, devenant ainsi un des rares films à plaire simultanément au public et à la critique.

Le Parrain sera suivi de deux suites, en 1974 et 1990. En 1997, pour les 25 ans du film, une ressortie a été programmée dans une vingtaine de salles mais beaucoup se sont plaints du fait que Paramount n?ait pas apporté de soins de restauration à la pellicule. Le Parrain, c?est aussi une marque: les mafieux y sont bien habillés, les lumières et les décors rendent l?univers séduisant, comme s?il s?agissait d?histoires de palais, de pouvoir. On pouvait lire dans le magazine Première : ?Les vrais truands adoraient ces films parce qu?ils en sortaient grandis. Ils adoraient Pacino, Brando. Depuis, dans tous les cafés, il y a des photos d?eux. Après la sortie du Parrain, c?était assez marrant: les mafiosi soignaient leur apparence, paradaient comme dans le film.?

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