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Dockers? Village : La maison du bonheur ?

12 novembre 2004, 20:00

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De drôles de champignons émergent de la terre rouge de Riche-Terre. Arrosés par les pluies de l?impatience et de la misère. Brûlés par le soleil de la souffrance et de la frustration. Hallucinogènes ces champignons ? On serait presque tenté de le croire. Ils sont en tout cas porteurs d?espoir et d?excitation.

Mauve, vert, jaune, avec des motifs bleus, rouges et orangés, les 100 maisons du Dockers? Village ont provoqué et provoquent toujours une série de réactions. Mécontentement du voisinage, optimisme d?une vie nouvelle. Remuant contraste émotionnel sous couvert de l?officiel.

« LA MAISON MAUVE »

Le complexe sera aujourd?hui inauguré par le Premier ministre Paul Bérenger. Point fort d?une transition tellement espérée entre la décrépitude et la modernité. La maison du bonheur ?

Franchir le seuil de l?unité E2/11, c?est aspirer de grosses bouffées de l?odeur de la peinture fraîche. Il y a là, coulée dans le béton, une masse colossale de volonté d?intégration sociale. «Le PM visitera cette maison aujourd?hui. Ce n?est pas parce qu?elle est mauve. C?est seulement la plus rapprochée de la marquise où seront prononcés les discours officiels.»

Brin d?humour du cadre de la State Property Development Corporation (SPDC) qui nous ouvre la porte d?entrée vitrée.

Si la remise des clés aux 93 familles bénéficiaires a commencé au début de la semaine, aucune d?entre elles ne s?est encore installée. Cela fait 30 ans que le Dockers? Flats de Baie-du-Tombeau existe. Les familles patienteront jusqu?à l?inauguration, prévue pour 16 heures aujourd?hui, pour prendre pleinement possession des lieux.

Pendant ce temps, peintres, maçons, et laboureurs s?attellent à la finition. « Le nom des maisons a été laissé à la discrétion des propriétaires. Après tout, ce sont eux qui occuperont les logements sociaux mais nous avons tout fait pour qu?ils soient à l?aise.» Nous ? Parmi, la SPDC et le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups.

Au E2/11, le rez-de-chaussée est jaune poussin alors que l?étage est visiblement plus cuivré. Un rez-de-chaussée conçu pour accueillir salon et salle à manger, une chambre, la cuisine et les WC sur des carreaux harmonisés à l?ensemble.

Nous accédons à l?étage par un escalier anguleux éclairé par la lumière du jour grâce à un rectangle de glass blocks. La chambre principale donne sur les champs de cannes. Paysage changeant qui passera du vert reposant au brun chaud, dépendant des saisons. « C?est exprès qu?il n?y a pas de carreaux au sol de la chambre principale. Nou evit bann komanter stil : mo lipie pou gagn fre kan mo pou dormi kot ena tiles. »

Notre regard s?attarde sur les encadrements en aluminium des portes et des fenêtres. Histoire d?aborder le volet sécurité. Suivant le mouvement, le dynamique cadre de la SPDC nous explique que les antivols en métaux auraient « coûté un tiers du prix ». Appuyés à une fenêtre latérale, nous balayons des yeux le rouge de la terre et le brun de l?herbe brûlée. Au loin, une multiplication des perspectives. Les portiques du port, les trois cheminées orange de la station de Fort George. Le tout adossé à la ceinture de montagnes dont le Pieter Both, Le Pouce?

Répondant à l?appel du grand air, nous nous retrouvons à nouveau sur l?asphalte. Ses courbures courent le long des trois pâtés de maisons ainsi conçues pour «éviter la concentration de 100 maisons et permettre l?aménagement d?espaces verts».

Pour les aménités de base, le téléphone et l?électricité ont été raccordés de manière souterraine. «Nous donnons l?exemple. C?est le premier chantier de logements sociaux qui est équipé de telles facilités. Le transformateur autonome permet d?isoler les fautes électriques. » Chaque unité est également pourvue d?un réservoir d?eau.

Au milieu du terrain de 17 arpents un nouveau chantier bourgeonne. Celui de la deuxième phase du projet. Elle comprend une école maternelle, un centre social, un amphithéâtre, un terrain de volley-ball et de basket-ball. Autant d?en- couragements pour donner envie aux habitants-propriétaires des anciens Dockers? Flats de Baie-du-Tombeau d?emménager au plus vite.

Une nouvelle chance

Le projet de Dockers? Village est en chantier depuis juillet 2001. Il est construit sur un terrain de 17 arpents acheté par le gouvernement à la Filature de Riche-Terre sous le « 800 Arpent Scheme ». Chacune des 100 unités occupe 76,3 mètres carrés, sur un terrain de 204 mètres carrés.

Après l?exercice d?appel d?offres, le contrat pour la construction des 100 unités a été alloué à R. Rambujoo & Co. pour Rs 56 millions en mars 2003. Le projet a été financé par la « Mauritius Ports Authority » à hauteur de Rs 46 millions. La différence a été apportée par l?État à travers le « Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups ».

Le coût de la deuxième phase des travaux est estimé à Rs 11, 6 millions. Ils devraient s?achever d?ici mai 2005.

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