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Aux oubliettes?
Le rapport sur le financement des partis politiques n?a pas eu l?impact auquel on pouvait légitimement s?attendre. Et il risque fort de faire partie d?une de ces bonnes intentions qui finiront au fond d?un tiroir. Comme le rapport Sachs sur la réforme du système électoral.
Le Conseil des ministres a pris la décision, vendredi dernier, de mettre en place un comité composé de ministres et présidé par le Premier ministre, qui sera chargé d?examiner les propositions faites par Emmanuel Leung Shing dans son rapport, ainsi que celles faites par Albie Sachs quant au financement des partis.
Mais le rapport Sachs n?a-t-il pas connu le même destin ? Après avoir fait appel à un expert étranger et mis en place un ?select committee? pour se pencher sur une question dite d?importance capitale, le gouvernement donne maintenant l?impression de nous avoir menés en bateau.
A moins d?un an des élections législatives où l?on aurait été en droit d?espérer un tout nouveau système électoral, rien n?a été fait en réalité? Le résultat risque d?être le même avec le rapport Leung Shing. Alors que ce dernier aurait pu apporter plus de transparence - donc moins de corruption - dans notre système politique, il semble que cela ne changera pas grand-chose. Dans l?immédiat en tout cas.
Les hommes politiques, d?un bord comme de l?autre, ne semblent guère pressés de dresser un cadre légal pour limiter les abus liés au financement des partis politiques. En gros, ce qui semble ressortir des réactions de nos leaders serait plutôt : ?On verra plus tard.? En lisant entre les lignes, il est d?ailleurs probable que l?on y comprenne: ?Quand les élections 2005 seront passées !? Il n?y a qu?à voir le nombre de politiques qui ont déposé auprès du ?Select Committee? pour contribuer à l?élaboration du rapport.
Ce sont de pures raisons politiques, ou plutôt électorales, qui poussent les leaders du pays à ne pas s?engager dans ce type de réforme tout de suite. Les électeurs risquent de ne pas se retrouver dans une campagne où le folklore habituel serait remplacé par des débats télévisés, par exemple. De ce fait, électeurs et activistes, risquent fort de se désengager. Les élections sont trop proches pour que le gouvernment, lui, s?engage à mettre de tels changements en pratique. Car les m?urs électorales seraient chamboulées et des voix peut-être perdues.
Et pourtant, le rapport contient des mesures concrètes qui mériteraient d?être rapidement mises en pratique. Le fait, par exemple, qu?un fonds, financé par l?Etat, soit créé pour financer la campagne électorale de tous les partis n?est pas à négliger. Les comptes seraient publics et on saurait d?où provient l?argent des campagnes électorales.
Le fait aussi de donner plus de pouvoirs à l??Electoral Supervisory Commission? (ESC) permettrait d?éviter toute tentative de corruption. En effet, le rapport propose que l?ESC contrôle la publication des dons du privé et veille que les comptes de chaque parti soient dûment audités. Une question demeure : le gouvernement ira-t-il, cette fois, jusqu'au bout de son action ?
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