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La MCFI revoit sa stratégie
Trois décennies de suprématie sur l’importation, la fabrication, et la distribution de fertilisants. Et machine de la Mauritius Chemical and Fertlizer Industry (MCFI) commence à s’essouffler. Les résultats affichés pour 2004 sont mauvais au niveau de la compagnie : des pertes de Rs 4,7 millions après impôts au 30 juin 2004 contre Rs 28 millions de bénéfices pour la même période ont été enregistrées.
Grâce aux subsidiaires qui arrivent à maintenir la tête hors de l’eau, le groupe MCFI peut malgré tout terminer l’année avec des bénéfices de Rs 5,2 millions. Mais l’année dernière, ils étaient six fois supérieurs, soit de Rs 34 millions.
Entre-temps la direction de la MCFI, dont les principaux actionnaires sont le groupe Rogers et Harel Mallac, revoit sa stratégie. Elle effectue un exercice afin de réduire ses coûts. Les premiers visés semblent être les employés de la compagnie qui sont au nombre de 280.
Une réunion entre les syndicats et la direction a eu lieu la semaine dernière. La hantise des employés : un éventuel licenciement. Mais le directeur général de la MCFI, Lloyd Coombes, les a rassurés. Il est catégorique : “A ce stade, la question de licenciement n’est pas d’actualité.”
Depuis juillet de cette année, l’entreprise s’est engagée dans un nouveau procédé, qui est le mélange de composants chimiques (blended fertilizer). Elle avait déjà essayé ce procédé depuis trois ans. Mais ces quatre derniers mois, elle s’est véritablement lancée dans le créneau. La MCFI était d’abord surtout connue pour la fabrication de fertilisant complexe, soit la transformation de plusieurs composants en un seul granule. Le coût de fabrication étant beaucoup trop cher, la MCFI préfère miser sur le blended fertilizer.
A l’image de son potentiel concurrent Island Fertilisers qui tarde cependant à sortir de terre. Ce nouveau procédé représente la nouvelle tendance dans la fabrication de fertilisants car il coûte moins cher. Il n’y a aucune fabrication. L’urée est importée sous forme finale dans des sachets.
<B>Hausse du fret maritime </B>
Les causes des mauvais résultats de la MCFI s’expliquent aussi en partie par la hausse spectaculaire des matières premières en particulier l’ammoniac qui est utilisé à 60 % dans la fabrication d’engrais. “Cette hausse est la conséquence de l’augmentation du cours du pétrole au niveau mondial”, explique Lloyd Coombes.
En effet, les cours du brut ont flambé de quelque 50 % depuis le début de l’année en atteignant son record historique de 55,67 dollars le 25 octobre. Deuxième explication, selon Lloyd Coombes : les prix des engrais sont fixés par le gouvernement. “Face à l’envolé du prix de nos matières premières, nous avons eu une augmentation de seulement 7 % sur nos prix de vente d’engrais”, déplore le directeur général de la compagnie. Sans compter l’escalade du prix du fret maritime, avec une hausse de près de plus de 60 % sur certaines lignes depuis avril.
Du côté d’Island Fertilisers qui avait annoncé le début de ses opérations en septembre puis repoussé son ouverture, l’objectif est de conquérir 40 % du marché local des fertilisants. La société a investi Rs 102 millions dans ce projet. Island Fertilisers compte produire 30 000 tonnes d’engrais et l’agriculture locale en consomme 65 000 tonnes. Elle prend une avance sur la MCFI en se lançant directement sur le blended fertilizer. Entre-temps, les agriculteurs eux, salue déjà l’arrivée du nouveau distributeur même si ce dernier se fait attendre.
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