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Le marché régional assure l’avenir de Bébédou

9 novembre 2004, 20:00

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Beau Bébé est désormais serein et voit plus grand. Coincée par les limites du marché local, l’entreprise avait besoin de nouveaux débouchés pour assurer sa pérennité. A tel point que le patron de la seule fabrique de couches pour bébé du pays, Christian Perdreau, a une seule devise : la région ou la mort. Et après deux années de dures négociations, se concluent deux nouveaux contrats.

Beau Bébé est effectivement depuis peu le fournisseur de couches pour la chaîne de supermarchés Spar d’Afrique du Sud. Elle fabrique également pour la franchise Casino à la Réunion depuis le mois d’octobre.

Dans les deux cas, les couches exportées sont vendues sous des marques de distributeur soit sous le nom des hypermarchés qui les commercialise, Spar en Afrique du Sud et Casino à l’île sœur.

Ces nouveaux marchés permettront à Beau Bébé d’augmenter de 45 % sa production. L’entreprise devrait exporter l’année prochaine entre 6 et 8 millions de couches pour les magasins Spar et environ le même volume pour la franchise Casino.

<B>“Nous sommes en surcapacité”</B>

Cette production supplémentaire vient s’ajouter aux quelque 13 millions de couches de la marque Bébédou que l’entreprise écoule sur le marché local et aux 8 millions qu’elle exporte déjà vers la Réunion, Madagascar, le Kenya, l’Ouganda et la Zambie.

Au total, Beau Bébé devrait produire entre 30 et 35 millions de couches l’année prochaine. “Le hic c’est que notre outil industriel qui date de sept ans ne pourra pas produire un tel volume. Nous sommes déjà en surcapacité”, explique Christian Perdreau.

L’entreprise investira donc Rs 80 millions pour une extension du bâtiment et l’installation d’une nouvelle ligne de production qui remplacera celle existante. Celle-ci entièrement automatisée permettra de doubler la cadence de production qui passera de 200 couches à 400 couches la minute.

Même en produisant 35 millions de couches annuellement, les nouveaux équipements qui seront installés en mars prochain ne seront utilisés qu’à 60 % de leur capacité.

Cette marge est nécessaire car Beau Bébé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. “Nous sommes actuellement en négociations très avancées avec une autre chaîne sud-africaine de supermarchés qui est bien implantée dans la région”, indique Christian Perdreau.

Les ouvertures qui se présentent pour Beau Bébé sur le marché sud-africain s’expliquent par deux principales raisons. Il y a d’une part la volonté des chaînes de supermarchés de se soustraire aux diktats des leaders du marché des couches, Pampers et Huggies.

En développant leurs propres marques de distributeurs, les supermarchés comptent réaliser de meilleures marges. La percée de Beau Bébé dans ce créneau a aussi été rendue possible grâce au protocole commercial de la Southern African Development Community (SADC) sous lequel l’Afrique du Sud a enlevé les droits de douane sur les couches pour les pays membres. Ce qui donne un avantage de 20 % sur les prix à Beau Bébé.

“Les prix restent serrés mais en produisant de gros volumes, on devrait être rentable à terme”, commente Christian Perdreau. Et en parlant de volume, le potentiel du marché sud-africain est énorme. Il absorbe 600 millions de couches annuellement tandis que le marché local est estimé à 25 millions de couches au total.

“Le marché local est trop restreint. Avec la compétition des couches importées, il était devenu difficile de grandir ou même de rester viable. La région est pour nous la seule issue”, poursuit Christian Perdreau.

<B>Avantages des accords régionaux</B>

Si les accords régionaux de la SADC et du Common market for eastern and southern africa (Comesa) sont souvent perçus comme des menaces, elles représentent également des opportunités. A condition de ne pas se cantonner dans une position défensive.

Les importantes commandes obtenues d’Afrique du Sud devraient permettre à Beau Bébé de réaliser des économies d’échelles et d’être rentable. Elles lui permettent aussi d’acquérir une nouvelle ligne de production moderne qui représente un saut qualitatif aussi bien que quantitatif.

“Quand il y a deux ans, j’avais demandé qu’on réintroduise des droits de douane sur certaines couches importées, on a pu croire que je voulais bénéficier encore d’un marché protégé. J’avais dit à l’époque que c’était uniquement pour me donner le temps d’aller à l’assaut de la région et d’atteindre une taille critique pour pouvoir faire face à la concurrence. C’est exactement ce que j’ai fait”, déclare Christian Perdreau avec satisfaction.

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