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Belles espérances avec le «sattwa»
Shantu Enterprise Ltd, entreprise nouvellement créée, lance une petite révolution dans la préparation locale des céréales consommées à Maurice . Il aura fallu deux ans à sa directrice, Nirmala Chutoori pour débuter la commercialisation du sattwa, ? aussi connu sous le nom de sattu ? un mélange à base d?orge, de maïs, de riz, de lentilles, et de pois chiche. Ce produit traditionnel, très apprécié de nos aînés, a peu à peu disparu avec l?évolution des habitudes alimentaires. Agée de 32 ans, Nirmala, une ex-comptable de la firme Rogers, a souhaité faire connaître de nouveau ce produit riche en protéines et en fibres.
L?idée, explique t-elle, lui a été donnée par Bhardwaj Mody, manager de la Mauritius Industrial Development Authority (MIDA). «Ce concept m?a immédiatement plu et j?ai voulu faire découvrir aux Mauriciens ce produit courant il y a une vingtaine d?années,» explique t-elle. Confiante et déterminée, Nirmala effectue des recherches sur le sattwa avec l?aide de conseillers en alimentation de la Small and Medium Industries Development Organisation. La production de céréale préparée, explique-t-elle, est un secteur qui a de l?avenir à Maurice et qui mérite que l?on s?y consacre.
Résidente de Vallée-des-Prêtes, Nirmala Chutoori a installé sa petite entreprise au premier étage de son domicile. Traités de manière artisanale, les grains entrant dans la composition du sattwa sont lavés, séchés au soleil, grillés et finalement moulus. Le sattwa peut être consommé sec, avec de l?eau ou du lait.
Ce produit énergétique, proposé dans des sachets de 200 grammes, est pour l?instant commercialisé par les hypermarchés Jumbo. Nirmala Chutoori envisage d?étendre sa commercialisation à toute l?île. «Ce produit s?adresse à toute la famille par tous ses bienfaits», souligne la directrice de Shantu Enterprise Ltd.
Longtemps inexploitée, la préparation locale de céréales attire aujourd?hui les petits entrepreneurs locaux qui y voient un bon filon à exploiter. «Les céréales de marques qui sont importées coûtent de plus en plus cher et ne sont ainsi plus à la portée de toutes les bourses», explique Clifford, un petit entrepreneur mauricien qui souhaite lui aussi se lancer dans la préparation de céréales. Selon lui, il y a de grandes possibilités que le secteur céréalier se développe à Maurice. «La production locale permettra de faire baisser les prix et ainsi promouvoir la consommation de céréales.» Les demandes de financement d?entrepreneurs individuels souhaitant se lancer dans les céréales se multiplient. Le secteur de l?alimentation dans son ensemble est en plein essor depuis ces trois dernières années.
La filière céréalière, qui constitue l?alimentation de base des ménages de nombreuses îles de l?océan Indien, est d?une importance stratégique pour leur autosuffisance alimentaire. Les céréales produites dans la région sont principalement : le riz, le maïs, le blé, le sorgho et l?orge. Madagascar est le plus important producteur de céréales, en quantité et en diversité.
2 300 000 tonnes de riz ont été produites en 2001 contre 150 000 tonnes de maïs et 9 000 tonnes de blé. Maurice, quant à elle, produit à ce jour essentiellement du maïs. Cette situation pourrait cependant changer avec la participation des petits entrepreneurs locaux dans le secteur céréalier.
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