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« La loi du fusil » des chefs de guerre
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« La loi du fusil » des chefs de guerre
À dix jours de l?élection présidentielle afghane, la première de l?histoire du pays, l?organisation américaine Human Rights Watch (HRW) dresse, dans un nouveau rapport intitulé « La loi du fusil », un sombre tableau de la situation politique. « La répression politique par les commandants locaux est le principal problème », souligne HRW, qui ajoute que, « dans la plupart du pays, les Afghans craignent plus les commandants locaux que l?insurrection des talibans ». Une insurrection concerne principalement la ceinture pachtoune du sud et sud-est du pays, là où les menaces répétées des talibans contre toute participation au processus électoral font régner la peur parmi une population harcelée, d?un autre côté, par les chefs locaux pour donner sa voix à tel ou tel candidat.
HRW cite l?annonce d?une tribu de Khost (Sud-Est), dont le représentant affirmait à une radio locale : « Tous les membres de la tribu Terezai doivent voter pour ? le président ? Hamid Karzaï. Si n?importe quel Terezai vote pour d?autres candidats, la tribu brûlera leurs maisons. »
Dans le Nord, les pressions se font en faveur du général Abdul Rachid Dostom ou de l?ancien ministre tadjik, héritier du légendaire commandant Ahmad chah Massoud, Younis Qanouni. Comme tous les observateurs, HRW souligne qu?à ce stade, beaucoup d?Afghans n?ont pas compris ou doutent du secret du vote. En l?absence d?institutions étatiques capables de les protéger, police ou armée, ils préfèrent ne pas prendre de risques. HRW souligne encore que « les femmes et les filles sont les premières victimes des abus des milices. La violence rend difficile pour elles de se rendre à l?école, au travail ou de participer activement à la reconstruction du pays. »
HRW dénonce enfin le manque d?observateurs pour cette élection et cite un rapport de l?Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui conclut, après une mission exploratoire de son bureau des institutions démocratiques et des droits de l?homme, que « les conditions présentes en Afghanistan sont sérieusement inférieures au minimum nécessaire requis pour une observation crédible ».
Ce nouveau rapport d?HRW va dans le sens des deux premiers rapports conjoints de la commission indépendante des droits de l?homme et de l?Unama (Mission d?assistance des Nations unies pour l?Afghanistan), qui dénonçaient déjà les difficultés à exercer des activités politiques dans certaines régions du pays.
<B>2004 Le Monde ? Françoise Chipaux Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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