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La fièvre du samedi soir gagne Sandra Mayotte

19 septembre 2004, 20:00

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Question de sémantique. Sandra Mayotte a trouvé le filon. Choisir un mot qui sonne, mettre en lumière un inconnu du vocabulaire quotidien. L?enrouler dans le velours de cuivres qui ont la pêche. Et voilà nos oreilles qui se dressent. Quand on fait des mots son métier, il est évident que l?on aime à les voir battre la mesure du succès.

Sandra Mayotte a récidivé. En juin 2002, elle dépoussiérait le makalapo. Le coup était imparable. La fièvre s?emparait des auditeurs. Il fallut donner force détails sur cet instrument fossilisé de notre patrimoine musical. Appeler à l?aide un vétéran de la chanson - Marclaine Antoine ? pour nous raconter par le menu ce makalapo enterré dans la terre et dont la partie visible n?est constituée que d?une branche et d?un fil tendu. En attendant ? sans doute parce que l?inconnu attire autant qu?il fait prospérer ? l?album se vendit comme des petits pains. La chanteuse et animatrice de Radio One avait gagné son pari.

Des fourmis dans les jambes

Emportée par le tourbillon des tournées et des heures d?antenne, elle a pris la décision de laisser retomber la poussière. Pour mieux la soulever avec Samedi Sawalé, son quatrième album, sorti au début du mois sous le label Geda Music. Depuis, la valse des questions a recommencé. Sawalé ? Fouillez bien. ?Sawal?, cela vous dit forcément quelque chose. Vous savez bien, ces fourmis qui montent le long des jambes dès qu?une ravanne bien chauffée se met à résonner. Cette envie irrépressible de bouger dès que l?on entend du séga mauricien. Ce besoin de bouger, de s?amuser, de faire la fête avec les copains, Gérard Louis ? l?auteur de la chanson titre ? a choisi de le conjuguer sur le mode Sandra.

Des temps où le verbe est à la complicité au plus-que-parfait. Celle qui unit Sandra Mayotte et son producteur Gérard Louis. Fusion artistique qui s?est embrasée au soleil de la consécration aux Kora Awards, grâce à Oh yo yo, titre qui valu à la chanteuse le titre de Meilleure interprète de d?Afrique de l?est et d?Afrique australe.

La ligne était dès lors toute tracée. Cette façon bien mauricienne de faire la fête, donc de ?sawalé? est bien l?un des moyens les plus radicaux de toucher le public. Au point de se retrouver dans la position du moteur du dernier album de Sandra Mayotte. Rien de telle qu?une bonne rasade de saturday night fever, peut importe le jour de la semaine. Au détour d?une phrase la chanteuse prend le soin de nous laisser savoir qu?elle partage notre penchant pour les petits plaisirs simples. Qu?un soleil qui brille haut dans le ciel un samedi matin suffit à la mettre de bonne humeur. Soyons honnêtes : c?est aussi souvent notre cas.

Après un tour de piste bien énergique, la chanteuse peut enfin aborder des thèmes qui la touche. S?envoler sur les volutes tracées à l?harmonica par Sylvio Ravina pour sonner les cloches aux profiteurs en tout genres ? dans Sa Na Pa Pou Toi, aux parasites qui infestent la société. Personne n?y échappe, encore moins les belles-mères envahissantes qui en prennent pour leur grade sur l?air de Mon Doudou, adaptation de Belle mere y gate tout du réunionnais Noel Caro.

Profitant de ce saut à l?île s?ur, Sandra Mayotte s?offre un duo rempli de paillettes ? Nou Destin - avec Dominique Barrett, celui qui a fait s?accélérer bien des c?urs avec Po ou mamzel. Joli choix pour parler d?amour-toujours, avant de se laisser rattraper par la nostalgie de Hier. Une ballade mélancolique où le trio voix, guitare, violon permet de constater les progrès de Sandra Mayotte. Sa voix s?est bonifiée. La chanteuse a gagné en assurance de manière audible.

Suffisamment pour tenir sa promesse à sa collègue et complice Marie Michelle Etienne. Jouant à fond le jeu de Mamie Michelle, l?animatrice est attendrissante à souhait. Mario Noorah reste lui aussi dans son registre radiophonique de râleur forcené dans Vire kan to le.

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