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Sursis d?une année pour le sucre mauricien

19 septembre 2004, 20:00

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L?industrie sucrière pourrait souffler jusqu?en 2006. La réduction du prix du sucre, tant crainte, ne sera pas mise à exécution en 2005 conformément à la proposition Fischler, selon le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

Le commissaire européen à l?Agriculture, Frantz Fischler, proposait en juillet à la commission une réforme drastique du régime sucrier. La finalité étant d?acheter le sucre des pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) à un prix réduit de 37 % en 2007, une baisse démarrant dès 2005. Or, selon Pravind Jugnauth, de retour d?une mission de lobbying en Europe, l?aboutissement rapide des propositions s?avère peu probable. Une telle donne va à l?encontre des délais préconisés par l?Allemand Frantz Fischler, ce dernier cherchant à approuver son dossier avant novembre.

?L?échéance sera repoussée à 2006. Et j?estime que c?est fondé. Les discussions sur ce dossier se dérouleront en novembre 2004. D?une part, il semblerait qu?il n?y ait pas de consensus au niveau du Conseil européen. Passé cette étape, ce sera au Parlement européen de les ratifier. Et tout cela prendra du temps?, a fait ressortir le vice-Premier ministre lors d?un point de presse, samedi.

Cette éventualité est à l?avantage du bloc ACP et des Pays les moins avancés (PMA). La nouvelle stratégie de ces groupes étant de proposer à l?UE de repousser l?échéance à 2006 ou après. Les PMA, souligne Pravind Jugnauth, postulent pour un moratoire de dix ans alors que les ACP ?réclament bien plus que la période de transition de trois ans?.

Ce bloc ne s?oppose pas à la réforme. Mais produire le sucre au même prix que le Brésil, la Thaïlande et l?Australie s?avère impossible. Les pays ACP ne pourront descendre en dessous d?un certain seuil. De fait, au cours des réunions, le bloc a précisé que ?la proposition de la commission est inacceptable à ce jour?.

Au-delà des discussions à venir, Pravind Jugnauth a fait le bilan de sa mission de lobbying qui l?a conduit aux Pays-Bas, en l?Allemagne et au Luxembourg, en compagnie d?une délégation ACP-PMA. ?Les rencontres qui se sont déroulées dans un contexte extrêmement difficile ont été positives?, dit-il.

Les arguments mis en avant par la délégation s?articulent autour de trois axes : les conséquences catastrophiques d?une telle réforme pour les économies vulnérables telles que Maurice, l?absence d?alternatives au sucre et les bienfaits du Protocole sucre, qui est un?outil de développement?.

Lors de ses rencontres, Pravind Jugnauth dit avoir expliqué à ses interlocuteurs que la ?diversification ne peut se faire en dehors du sucre?. D?une part, Maurice s?est engagée dans une réforme par laquelle l?industrie sucrière s?est endettée. Le pays tente aussi de diversifier le secteur avec la production d?électricité à partir de la bagasse, le rhum agricole et l?éthanol industriel.

Le vice-Premier ministre dit apprécier le changement d?attitude au niveau des Pays-Bas, président, jusqu?en fin 2004, du Conseil européen. Alors que le prédécesseur a été très rigide, Cees Veerman, ?a été plus sensible? aux arguments des pays ACP. La mission prochaine de Pravind Jugnauth, prévue pour début octobre, s?annonce difficile. Il se rendra en Grande-Bretagne, au Danemark, en Suède et en Pologne. Une mission difficile, voire périlleuse dans la mesure où le Danemark et la Grande-Bretagne sont en faveur d?une réforme en profondeur. Qui plus est, le prochain commissaire à l?Agriculture est une Danoise, Mariann Fischer Boel, appelée cependant à traiter le dossier en toute indépendance. A Bruxelles, début octobre, les pays ACP se réunissent, le temps d?un atelier de travail sur le lobbying auprès de l?UE.

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