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Un été chaud

4 septembre 2004, 20:00

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C?est une fin d?hiver qui annonce un été particulièrement chaud pour le gouvernement. C?est le cas de le dire. Après la bourde relative à la pension de vieillesse et le débat autour de la mise en place de la Mauritius Revenue Authority, le tout sur fond de formulaire d?impôt à soumettre en ce mois de septembre, le gouvernement traverse une période difficile. L?opposition parlementaire, de son côté, ne se prive pas de la moindre occasion pour acculer ce gouvernement dont le chef a même dû renoncer à un voyage officiel afin de pouvoir faire face à la grogne ambiante.

La colère n?est désormais plus sourde. Elle est criante. Elle exprime une insatisfaction et une incompréhension, même chez les partisans de l?alliance gouvernementale. Aujourd?hui, toute l?opposition jubile. Elle se met déjà en situation d?alternance, distribuant les bons et mauvais points, et se permettant même de faire la leçon au gouvernement.

Au sein de l?opinion, on s?interroge sur le sens de certaines initiatives. Et on finit par voir en elles une tentative du gouvernement de « commercialiser les services de l?État », de travailler « au profit du patronat » et à paupériser davantage les classes moyennes. La propagande commence à faire son effet, aidée en cela par une stratégie de communication de la majorité de plus en plus inadaptée. Il faut aussi dire que les changements structurels ne vont pas forcément servir les intérêts de ceux qui sont davantage dans le besoin.

Quelque part, les initiatives pour renflouer les caisses de l?État se font ainsi au détriment d?une classe moyenne plus que jamais désemparée. La relance, qu?on veut assurer, en subit pleinement les conséquences. Ce n?est d?ailleurs pas par la consommation que le gouvernement cherche à encourager la relance. C?est son choix. Mais c?est un choix qui commence déjà à lui coûter cher. Les indicateurs économiques peuvent être au vert ou à l?orange mais la bourse de la majorité des consommateurs est, elle, bien au rouge.

D?un autre côté, le gouvernement aura beau déclarer que la situation est grave, qu?elle exige une solidarité exemplaire mais il pourra difficilement convaincre une population qui comprend mal l?abondance et le luxe qui caractérisent le mode de vie d?une poignée de privilégiés. La « gauchisation » du discours politique, syndical et celle de la rue entraîne, en ce sens, un rejet de ces réformes et initiatives qui semblent n?avoir de pertinence que théorique. C?est ainsi qu?on finit par se retrouver avec des gouvernants qui semblent moins vouloir gagner que de faire la démonstration qu?ils sont de bons technocrates. Le MSM et Pravind Jugnauth, lors de leur campagne d?explication sur le budget, l?auront appris à leurs dépens.

Les Mauriciens ont aujourd?hui des attentes qui ne sont pas prises en compte par le gouvernement. Au contraire, ils ont l?impression que ce gouvernement accorde la priorité aux dossiers qui vont à l?encontre de leurs intérêts. Ils étaient prêts à subir le Père Fouettard que pouvait être Sir Anerood Jugnauth, mais ils voyaient dans le concret les résultats de cette rigueur qu?on leur imposait. La barbarie technocratique et l?arrogance technicienne qu?on leur assène sont vécues comme une insulte à leur intelligence. En un mot, ils se retrouvent avec des gouvernants qui ne savent pas se faire aimer et encore moins désirer.

Avant l?équation était simple. On serrait la ceinture pour un peu de bonheur. Désormais l?équation est faussée. On se sacrifie sans espoir d?un éventuel mieux-être.

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