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Gérard Sullivan
Il se dit prêtre, pas ecclésiastique. Mais Gérard Sullivan se définit comme un homme des rencontres et de la communication. Rencontré dans le cadre de la réédition de Starmania dans la vieille forteresse de la Citadelle, Gérard Sullivan parle de sa vie, avec une sérénité que trente-quatre ans passés au service des autres et de l?Eglise, ont comblée.
Gérard Sullivan est au c?ur du spectacle depuis les années 70. Il s?y est toujours intéressé, de la mise en scène aux costumes, de la conception du décor en passant par le choix des musiques. Sa passion pour le monde du spectacle le fait bavarder sans discontinuer. Ni les difficultés à trouver une scène, ni les sponsors pris dans d?autres fonctions et encore moins les difficultés inhérentes à la mise en place d?un spectacle de l?envergure de Starmania, ne l?ont fait reculer.
Le quotidien de l?Underground Café le passionne depuis qu?il a eu entre les mains le CD de la première version de l?opéra rock de Michel Berger et de Luc Plamondon. Sur la pochette du disque, ces mots : «La passion de Johnny Rockfort selon les Evangiles télévisés,» l?ont bouleversé. L?omniprésence de la télévision et des médias, autour duquel tourne l?histoire des «Etoiles Noires», ainsi que les nombreux thèmes abordés dans cet opéra rock, dont l?amour, le pouvoir, le terrorisme et le totalitarisme, ont titillé l?artiste qui n?attendait que l?occasion d?éclore.
Le secret d?une vie heureuse, c?est l?amour. C?est sans doute là, qu?il faudrait chercher d?où vient la sérénité qui émane de Gérard Sullivan. «Starmania, c?est l?Evangile en négatif. L?Evangile nous offre un monde dont la clé est l?amour, Starmania, c?est un monde sans amour.»
L?intérêt de Gérard Sullivan est donc né de l?incommunicabilité des êtres dont parle Starmania. Une tragédie humaine qui est aujourd?hui encore, au c?ur de l?actualité. «Nous vivons aujourd?hui dans un monde marqué par deux choses : le polaroïd et le kleenex. Le polaroid c?est l?instantané et le kleenex c?est cette façon moderne du ?J?utilise, puis je jette.? Cet individualisme est également très présent dans Starmania,» explique-t-il.
Pour cet homme d?église, la scène constitue l?essentiel de sa vie. L?homme d?église et l?artiste, forment un tout. «Je n?ai pas fait de la scène mon métier, mais la scène, le théâtre et tout ce qui s?y rapporte, est pour moi une forme
d?expression, un moyen de communication. Il y a bien sûr l?aspect enthousiasmant et ce contact, essentiel dans la vie de tous les jours,» explique-t-il. Mais ce côté «showman» qui caractérise Gérard Sullivan qui a longtemps dérangé certains, n?a
jamais dérangé l?homme. «Au début, cela me dérangeait. Au fil du temps, l?âge aidant, certainement, je me suis fait une raison. Aujourd?hui, mon côté ?différent?, ne dérange presque plus.»
L?homme de la scène est indissociable de l?homme des médias. «Construire une société en marge des médias, c?est se mettre le doigt dans l??il. L?Eglise est un lieu de rencontres, comme le sont les médias. Le pape Jean Paul II l?a très bien compris. Etre prêtre, c?est être au c?ur d?une somme de rencontres,» explique-t-il.
Gérard Sullivan est donc un homme parmi les autres. Il a certes choisi de devenir prêtre, mais il n?a jamais accepté une vie «de reclus» pour autant.
«Cela fait trente-quatre ans que je suis prêtre. Je suis un prêtre heureux. Je suis prêtre, pas ecclésiastique,» se défend-t-il. Pour lui, l?Eglise lui a offert «un espace de liberté et de créativité,» étonnant. «Il y a eu des coups de bâton, mais cette église m?a permis d?être ce que je suis. Pour moi, la vie est passionnante si on accepte d?en payer le prix. Je suis un privilégié parce que j?ai toujours trouvé des personnes ravies de faire partie de mes rêves fous,» explique-t-il.
Entre ses mille fonctions à l?église, Gérard Sullivan trouve le temps de faire de la radio. Chaque dimanche à 17h30, il anime Baro pa aret la vie, sur les ondes de la MBC radio. Cette émission qui donne la parole aux familles des prisonniers, est bouleversante pour nombre d?auditeurs. «Cette émission prouve qu?on ne peut pas condamner un homme dans ses fautes.
Elle prouve qu?il y a quelque chose de sacré dans l?homme.» C?est parce qu?il aime les hommes et la vie que Gérard Sullivan est aussi serein.
Starmania du 28 septembre au 5 octobre à la Citadelle
TCB Location a réussi l?exploit de couvrir la Citadelle, pour la tenue, du 28 septembre au 5 octobre, de Starmania. L?opéra rock de Michel Berger et de Luc Plamondon, a été mis en scène par Gérard Sullivan. Les billets, en vente depuis le 25 août dernier, sont fixés à Rs 250 et Rs 100. Pour la première fois, la vente des billets est informatisée. Ils sont disponibles sur le www.otayo.com. Les réservations se font sur le 466 99 99.
Les recettes de Starmania iront à l?organisation Ki nou été qui a à c?ur de mettre en place un «drop in centre» pour la réinsertion des ex-détenus des prisons mauriciennes. Une autre partie des recettes, sera versée à l?organisation Marriage Encounter, qui s?occupe de promouvoir les valeurs conjugales et familiales à Maurice et en Afrique.
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