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Air Mauritius : l?objectivité des enquêteurs mise en doute
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Air Mauritius : l?objectivité des enquêteurs mise en doute
Au fil des questions, sa thèse se précise. Le Senior Counsel, Yousuf Mohamed, sourit. Il essaie de démontrer que l?enquête policière dans le détournement de Rs 85 millions au préjudice d?Air Mauritius ? caisse noire ? a été «sélective».
Les quatre accusés sont l?ancien président-directeur général d?Air Mauritius, Sir Harry Tirvengadum, l?ex-Chief Executive de Rogers, Derek Taylor et les anciens directeurs Robert Rivalland (aviation et tourisme) et Joseph Yip Tong (Galaxy). Ils plaident non coupables d?une charge d?entente délictueuse pour des paiements fictifs de commissions spéciales à Rogers par Air Mauritius.
La journée, en cour intermédiaire hier, était consacrée au contre-interrogatoire de l?assistant-surintendant Heman Jangi, confronté à divers aspects de l?enquête, non explorés par les enquêteurs.
Le contre-interrogatoire démarre sur le sort de l?enquête concernant une douzaine de noms cités dans l?affaire. Selon l?ASP Heman Jangi, certains n?ont pu être contactés. Il explique que, n?ayant aucun élément saillant, l?investigation a été stoppée.
Me Yousuf Mohamed : La police a-t-elle vérifié si Gérard Tyack a effectué des retraits en signant les noms de ses employés?
L?ASP Heman Jangi: Non.
? Est-ce que les enquêteurs ont établi la somme versée sur ces comptes?
- Non.
L?autre volet abordé porte sur les comptes bancaires opérés par Gérard Tyack, au nom de ses deux employés de maison. Ce dernier est le dénonciateur dans l?affaire mais reconnaît également sa participation à la fraude.
Aux témoignages non sollicités s?ajoute la confrontation de l?enquêteur aux documents évoquant les commissions spéciales. L?un, en date de mars 1984, met un terme à l?accord entre Air Mauritius et Rogers concernant les commissions et l?autre, datant d?octobre 1984, rétablit ce contrat. Cependant, l?ASP Heman Jangi précise que les enquêteurs n?ont pas creusé dans cette direction.
A l?issue des échanges, Me Yousuf Mohamed précise aux trois magistrats : « C?est injuste de poursuivre l?accusé. Cette affaire n?aurait pas dû se terminer en cour. Aux démentis s?ajoute l?absence de vérification. Nous essayons de démontrer l?approche sélective de la police au cours de l?enquête.»
Dès le début du procès, Me Yousuf Mohamed, qui défend les intérêts de Sir Harry Tirvengadum, a plaidé pour l?arrêt des travaux, en mettant l?accent sur le délai abusif entre le délit allégué (1982) et le procès (2004).
Les autres hommes de loi dans ce procès sont Ravin Chetty pour Sir Harry Tirvengadum, Guy Ollivry, Queen Counsel et Yanilla Moonshiram pour Guy Rivalland, Jean Yip Tong pour Joseph Yip Tong, Maxime Sauzier pour Derek Taylor alors que Me Sarah Collendavelloo agit en tant que watching brief pour Rogers. La poursuite est menée par la Principal State Counsel, Gaytree Manna, assistée des State Counsels Mehdi Choonee et Me Priscilla Veerabadren.
Le full bench de la cour intermédiaire présidant ce procès est composé de Benjamin Marie-Joseph, Nicolas Ohsan-Bellepeau et Renuka Dabee. L?affaire continue le 13 septembre prochain.
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