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La prise d’otages se poursuit en Ossétie du Nord

2 septembre 2004, 20:00

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Plusieurs centaines d’enfants et d’adultes demeuraient hier matin aux mains de preneurs d’otages dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, république russe proche de la Tchétchénie.

Les responsables russes ont noué le contact avec les 17 assaillants qui ont rassemblé les élèves, les enseignants et les parents d’élèves dans le gymnase de l’école après être entrés en action au moment d’une cérémonie pour la rentrée scolaire.

Des responsables ont précisé que les preneurs d’otages avaient refusé une offre de nourriture et d’eau pour les enfants, âgés de 7 à 17 ans.

Cette action, qui porte la marque de fabrique des combattants tchétchènes, a été menée par un commando qui compterait jusqu’à 17 hommes et femmes armés, certains vêtus de ceintures d’explosifs.

Cette prise d’otages survient au lendemain de la mort de 10 personnes dans un attentat suicide à Moscou et un peu plus d’une semaine après l’explosion de deux avions de ligne en Russie, à bord desquels 90 personnes ont péri. Ces deux événements ont été revendiqués par un groupe islamique disant soutenir les musulmans tchétchènes combattant l’autorité russe.

<B>“On ne nous dit rien”</B>

Difficile pourtant de donner avec certitude l’identité des preneurs d’otages. Akhmed Zakaïev, émissaire basé à Londres du principal dirigeant rebelle tchétchène, Aslan Maskhadov, a rejeté toute responsabilité dans cette attaque.

A en croire un responsable russe, le contact a été établi avec les preneurs d’otages. Mais il n’a pas donné de précisions. “Parfois, tout est calme. Et puis ils recommencent à tirer. Les soldats ne font qu’avancer et reculer”, a expliqué Nikolai Dzaparov, dont la petite-fille de deux ans et demi figure parmi les otages. “On ne nous dit rien. Certains disent qu’il y aurait jusqu’à 400 otages. Certains disent que les terroristes sont tchétchènes. D’autres qu’ils sont arabes. On n’en sait rien.”

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné mercredi soir “de la manière la plus forte” cette prise d’otages et les récentes attaques en Russie.

Le président russe Vladimir Poutine, qui a interrompu ses vacances, s’est entretenu de la crise avec son homologue américain George Bush. La présence d’enfants en très grand nombre pourrait amener le chef du Kremlin à revoir sa stratégie de rejet des discussions avec les séparatistes. “Nous savons combien les autorités peuvent être dures avec les adultes pris en otages”, écrit dans son éditorial le journal Moskovsky Komsomolets. “Mais nous ne savons pas ce qu’elles vont faire maintenant qu’elles doivent prendre soin d’enfants”.

Les premières informations indiquaient que les ravisseurs exigeaient la libération des combattants tchétchènes détenus par les autorités russes en Ingouchie voisine à la suite d’une vaste offensive rebelle en juin. Ceci n’a pas été confirmé.

Le commando a menacé de faire sauter l’établissement en cas d’assaut des forces spéciales. Les ravisseurs menacent également de tuer 50 enfants pour chacun des leurs qui serait tué par les forces de sécurité russes, et d’en tuer 20 pour chaque blessé. Le nombre exact d’otages est incertain. Il se situe selon les estimations entre 120 et 400. On ignore combien d’entre eux sont des enfants.

Ils ont en outre demandé à parler avec Léonid Rochal, un pédiatre de renom, qui avait participé aux négociations lors de la prise d’otages par des activistes tchétchènes de 700 personnes dans un théâtre de Moscou en 2002. L’agence Interfax a annoncé que Rochal était arrivé à Beslan.

Les 700 personnes avaient été détenues pendant trois jours avant que l’armée russe ne lance l’assaut, au cours duquel 129 otages et 41 rebelles furent tués.

En 1995, des séparatistes tchétchènes avaient déjà pris en otages des centaines de personnes dans un hôpital de Budennovsk, dans le sud de la Russie. Plus de 100 personnes avaient trouvé la mort dans l’assaut donné par les forces spéciales russes.

<B> Oliver Bullough</B>

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