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Se souvenir des belles choses : émouvant

21 août 2004, 20:00

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Zabou Breitman filme l’amour entre un homme qui doit retrouver sa mémoire et une femme qui l’a perdue. Sujet délicat pour un film bouleversant, maites fois récompensé. Se souvenir des belles choses, à voir absolument ce soir à 21h00 sur la MBC1.

C’est un film pour grands enfants, pour ceux qui croient que l’amour peut surprendre et bouleverser, même pour ceux que la vie n’a pas épargné. Aux Ecureuils, un centre spécialisé dans les troubles de la mémoire, on oublie le temps qui passe. On vit au jour le jour, on a faim, on s’endort, on cherche son chemin. Les symptômes des patients se confondent avec ceux des soignants.

Claire, une jeune femme discrète, qui a des difficultés pour se concentrer, cherche ses mots. Nathalie, sa sœur, abusivement protectrice, est persuadée que la mémoire déficiente de sa sœur, n’est que le résultat d’un coup de tonnerre. Claire pense être victime de la maladie d’Alzheimer qui a tué sa mère. Christian pense pouvoir la soigner après quelques exercices cérébraux. Dans le carnet sur lequel elle note ses activités quotidiennes, Claire note « se souvenir des belles choses.» Au milieu des patients qui se laissent vivre, Claire croise le regard de Philippe. Ce dernier, meurtri depuis la mort de sa femme et de leur fils, s’est enfermé dans l’oubli.

Subtil et profond, Se souvenir des belles choses, premier film de Zabou Breitman, est un coup de maître. Face à la détresse des uns et des autres, c’est la solidarité qui les sauvera. Depuis le générique jusqu’à la dernière séquence, ce film habille regards, faits et gestes, pour livrer une histoire d’amour comme on ne voit plus au cinéma. Fascinée par la mémoire, la réalisatrice filme les absences de mémoire avec une délicatesse infinie. Elle évite ainsi les écueils du sentimentalisme et de la sensiblerie. Dépouillé de tout effet de style, Se souvenir des belles choses use intelligemment de cadrages inattendus et de la profondeur de champ pour une cinématographie parfaite.

Isabelle Carré, César de la Meilleure actrice en 2003 pour le rôle de Claire, joue admirablement la jeune ingénue aimante et attendrie. Tantôt plus sombre, tantôt plus légère, elle se glisse allégrement dans la peau de Claire. Conte sur l’identité, la mémoire, l’amour et la vie, le film de Zabou Breitman, que l’on connaissait surtout comme commédienne, a raflé de nombreux prix, dont le César de la Meilleure Première Œuvre de fiction en 2003.

La réalisatrice Zabou est née Isabelle Breitman le 30 octobre 1959 à Paris. A quatre ans, elle participe au feuilleton Thierry La Fronde, personnage inventé par son père. Une fois ses études secondaires terminées, elle étudie le cinéma, le grec moderne et l’anglais. Animatrice à Récré A2 dans les années 80, elle fait ses débuts au cinéma dans Elle voit des nains partout.

Confrontée à l’antisémitisme sur le plateau de tournage, elle décide de remplacer son prénom par son diminutif « Zabou ». De succès cinématographique au succès sur les planches, Zabou Breitman se fait rapidement un nom. Elle passe du statut d’actrice à celui de scénariste et de réalisatrice avec Se souvenir des belles choses. Sa dernière apparition remonte à 2002 dans le premier rôle d’Un monde presque paisible de Michel Deville.

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